L’illusion, M. Chattam

L’illusion, de Maxime Chattam (FR), Albin Michel, 2020

Synopsis :

Bienvenue à Val Quarios, petite station de ski familiale qui ferme ses portes l’été.

Ne reste alors qu’une douzaine de saisonniers au milieu de bâtiments déserts. Hugo vient à peine d’arriver, mais, déjà, quelque chose l’inquiète. Ce sentiment d’être épié, ces « visions » qui le hantent, cette disparition soudaine…
Quels secrets terrifiants se cachent derrière ces murs ? Hugo va devoir affronter ses peurs et ses cauchemars jusqu’à douter de sa raison…

Bienvenue à Val Quarios, une « jolie petite station familiale » où la mort rôde avec la gourmandise d’une tempête d’été.

Avis : 2/5

Personnages : 2/5
Décors : 3/5
Trame : 1/5
Emotion : 2/5
Globale : 2/5

Hormis Le Signal, Maxime Chattam m’a énormément déçu par ses dernières publications. Pourtant, chattamiste de la première comme je le suis, je continue l’aventure à ses côtés en espérant tomber sur son nouveau chef-d’œuvre. L’illusion marque-t-il un renouveau dans mon admiration ?

Il y a bien des personnages – des permanents, des saisonniers, des nouveaux – dont certains prennent une grande place. Tout d’abord, le roman est centré sur Hugo, un Parisien bobo, désabusé, sans attache, qui peine à se remettre de sa rupture avec sa copine. Son rôle, si important soit-il, n’a pas de quoi faire trembler un Yorkshire en hiver. Je l’ai trouvé bien fade, fou par moments, usant à la longue. Il est épaulé dans sa quête de vérité par Lily qui propose déjà des réflexions plus profondes et logiques. Jina amène aussi sa pierre à l’édifice et ils forment rapidement un trio. A leur côté, JC, un bûcheron avec qui Hugo travaille, DePrigent, le directeur de la station, Axel (exHell), un informaticien pervers, Ludovic, un taiseux solitaire, et j’en passe. Reste le mystérieux Lucien Strafa, ce prestidigitateur de génie oublié de tous qui se terre quelque part ici, pas loin. 
J’ai trouvé les personnages peu intéressants, pas attachants du tout et franchement agaçants à certains égards. L’auteur nous avait habitué à tellement mieux !

Le roman se déroule à huis clos dans les Alpes, à Val Quarios, petite station familiale qui n’ouvre que l’hiver. Et L’illusion se passe en été. Les descriptions ne manquent pas et on peut aisément s’imaginer les lieux, y vivre, et s’y promener. Une carte des lieux est même à notre disposition afin de mieux nous repérer. Les nombreuses métaphores et la poésie de Maxime Chattam offre un sacré spectacle !

La trame ? Hugo débarque à Val Quarios et pense rapidement que quelqu’un a disparu. Il se mue alors en détective. Le manoir attire son attention et il apprend que là-bas y réside un homme très spécial. Et puis on tourne en rond, c’est lent, c’est long, fatigant, bien des chapitres ennuyants où Hugo se perd en conjoncture, ça n’avance pas. Et puis le dénouement qui… laisse pantois. Assez pour que je réveille mon chien tant j’ai soupiré.
A un moment, quand j’ai vu que le Necronomicon était cité, j’ai pensé qu’on allait partir dans du très très très lourd. Joie de courte durée !

Si vous êtes habitué à vous ronger les ongles en avalant du Maxime, soyez rassuré, L’illusion ne vous empêchera pas de dormir. Quelques frissons, bien des énervements, un bref sentiment de curiosité parfois… Pas de grosses frayeurs ni de scènes gores au possible, aucune enquête trépidante vous faisant travailler votre cardio en étant posé dans votre canapé.

Maxime Chattam peine ici à m’enchanter, il me semble qu’il perd parfois son mojo et cela m’attriste profondément. Il faudra encore attendre des mois avant un autre roman, en priant de tout cœur pour que ce dernier nous prenne aux tripes comme l’avaient réussi Le SignalLa patience du DiableLa conjuration primitive ou même Autre-Monde