Vík, R. Jónasson

Vík, de Ragnar Jónasson (IS), Editions de La Martinière, 2019

Synopsis :

Quand les Dix petits nègres rencontrent le meilleur du polar islandais.

Des années ont passé avant qu’Ásta ne se décide à remettre les pieds à Kálfshamarsvík, à l’extrême nord de l’Islande. Là-bas, c’est comme si le temps avait tout figé : le phare, la maison qui surplombe la baie (vík, en islandais), ses rares habitants. Et le retour de la jeune femme n’est pas perçu d’un bon œil.
Quand, quelques jours avant Noël, le corps d’Ásta est retrouvé au pied de la falaise, l’inspecteur Ari Thór est dépêché sur les lieux. Dans cette contrée perdue, l’étau se resserre inévitablement sur une poignée de suspects. Mais la vérité est peut-être à aller chercher autre part, dans un passé aux résonances morbides, refoulé depuis près de vingt-cinq ans…

C’est l’agent d’Henning Mankell qui a découvert Ragnar Jónasson et vendu les droits de ses livres dans vingt-six pays. Né à Reykjavik, Jónasson a traduit plusieurs des romans d’Agatha Christie en islandais, avant d’écrire ses propres enquêtes. Avec Vík, il revient aux racines de ce qui a fait la réussite des  » enquêtes de Siglufjördur « , qui connaît un succès retentissant en France et à l’étranger.

Avis : 4.8/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 4/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5

Voilà ! Enfin terminé la bibliographie de Ragnar Jónasson ! Finalement, ce confinement aura eu du bon, par courts moments… Vík, à mes yeux, est le second meilleur roman de l’auteur. Ici, on y retrouve ses propres codes à la Christie qu’on avait pu découvrir dans le premier volet des enquêtes d’Ari Thór, Snjór.
Et j’ai par la même occasion le  bonheur d’enfin pouvoir classer la chronologie dans le bon ordre, ce qui n’était pas le cas dans les versions françaises : Snjór -> Nátt -> Sótt -> Vík -> Mörk.

Très peu (trop ?) de personnages à mon goût, mais ils sont fort intéressants.
Ari Thór et sa femme, tout d’abord. Le flic va devenir père et désire passer un Noël paisible avec sa femme. Manque de chance, Tómas, bien que travaillant désormais à Reykjavik, le désire sur cette enquête afin de grimper les échelons. Si Ari Thór est toujours aussi efficace et dans la réflexion, Tómas semble en retrait et pressé de boucler le dossier.
Ásta a vécu sur peu de pages. Son retour a entraîné rapidement sa mort. Elle était la dernière de sa famille. Par le passé, sa mère s’est jeté de la falaise. Peu après, c’est la petite soeur d’Ásta qui y a droit. Son père décide alors qu’elle vivra chez sa tante. Vingt-cinq ans plus tard, après la mort de son père, Ásta retourne sur ses terres afin de lever des voiles sur ses mystérieux accidents/suicides. Mais le lendemain, elle est retrouvée sans vie en bas de la falaise. Il ne reste que 4 personnes désormais, et chacun a ses petits secret que Ari Thór et Tómas devront percer. Thóra, la gouvernante et Óskar, son frère, des personnages âgées. Arnór, un voisin envahissant depuis toujours. Et enfin Reynir, le propriétaire des lieux. Tous s’accusent mutuellement !

Fini Siglufjördur. ce huis clos se déroule à Kálfshamarsvik, un endroit reculé et déserté par la population. Cela dit, il y règne un calme soufflé par le vent, bercé par les clapotis des vagues. Son phare majestueux se dresse sur ces terres hostiles. Un vrai paysage de carte postale, à découvrir sur ce lien, histoire de se mettre l’eau à la bouche. Il n’y reste que deux maisons, et c’est surtout dans celle de Reynir que se passe l’action. Il faut dire qu’elle a son charme, à en croire les descriptions.

La trame de fond est simple et limpide ! Toutes ses victimes qui se jettent de la falaise… accidents ? meurtres ? les deux ? Les enquêteurs multiplient les auditions quant au nouveau meurtre à lieu, mais dans la maison cette fois-ci. Un mort de plus signifie un suspect en moins, l’étau se resserre gentiment. On voit là l’influence d’Agatha Christie sur l’auteur ! Toutefois, il me manque une petit quelque chose dans cette intrigue. Le nombre de suspects est trop maigre à mon goût et on a vite fait le tour. Il en reste que l’enquête est passionnante, sur un tempo ordinaire.

Tant d’interrogations égaye forcément la curiosité ! C’est le sentiment le plus vif qu’on peut ressentir dans cette oeuvre, comme pour chaque écrit de Ragnar Jónasson.

J’ai une nouvelle fois été ravi de passer du temps avec cet auteur que j’ai découvert voilà peu. Aucun regret d’avoir épluché ses sept romans en si peu de temps !