BRI : Les formes de l’ombre, P. Deparis

BRI : Les formes de l’ombre, de Philippe Deparis (FR), Mareuil Editions, 2021

Synopsis :

« D’un geste de la main, l’effrac annonce qu’elle est prête. Je serre à pleine main l’épaule gauche de l’opérateur qui se trouve juste devant moi, il en fait de même avec l’opérateur devant lui, et ainsi de suite jusqu’en tête. Tout le monde est prêt. Les gars respirent fort. Djamel, en passant plusieurs fois sa main rapidement de haut en bas devant son visage fait signe à Sam qu’elle doit baisser sa visière, ce qu’elle fait immédiatement.
– L’effrac, quand vous êtes prêts pour la porte, on lance l’assaut.»

Seb, Martial, Djamel, Fabien, Lucas et Samantha font partie de la BRI, l’unité d’intervention de la PJ parisienne. Ces six policiers partagent un métier passionnant, risqué mais surtout très prenant. Entre interventions, entraînements et vie de groupe, la routine n’existe pas dans ce service d’élite surtout quand Nicolai Novic et Sebastian Sdarise, deux dangereux criminels décident de passer à l’action en éliminant leurs rivaux…

Un polar haletant et plus vrai que nature écrit par un ancien opérateur de la BRI.

 

Avis : 4.6/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 4/5
Emotion : 5/5
Globale : 4/5

 

Avant tout, et une nouvelle fois, je tiens à remercier Babelio et sa Masse Critique pour me permettre de découvrir ce genre d’ouvrage ainsi que cet auteur. Merci également aux Editions Mareuil d’avoir joué le jeu. Autant le dire tout de suite, Philippe Deparis a réussi à m’envoûter dans cette plongée abyssale avec son équipe de la BRI !

 

Le premier aspect qu’il faut relever, c’est la qualité des personnages. L’équipe que vous suivons, les 80, comptent 6 opérateurs (membres, ou agents). Les décrire ici prendrait trop de place étant donné la densité des personnages. Le premier que je retiens, c’est leur leader, Seb, dont Deparis jouait le rôle. A lui de gérer cette troupe, cette famille, ces différents caractères qui se soutiennent, se querellent, s’invectivent ou se vannent. Seb jongle entre ses opérateurs, les prépare au mieux à affronter ce qu’il y a de pire en ce bas-monde tout en préservant leur vie. L’homme fait preuve de beaucoup de psychologie pour manier à la fois la carotte et la bâton. Unique objectif pour lui : la mission. 
En opposition, un joli petit tas de salopards, allant du gros bonnet à la petite frappe. Là aussi, les profils demeurent riches et variés. On retiendra essentiellement Sebastian Sdarise, qui est parti de tout en bas pour arriver à être le psychopathe de grande envergure qu’il devient. Son “travail” face au gang du 20e en dit long sur lui, tout comme la confiance que lui accorde le grand chef. Dans son épopée, on apprend ses pensées, ses principes, ses manœuvres et son grand self-control. Philippe Deparis est parvenu à créer le genre de gars qu’on peut croiser tous les jours sans s’en méfier, un excellent stratège, aussi intelligent que parano, très très dangereux.

 

Dans BRI : Les formes de l’ombre, on se balade dans Paris. Les lieux d’entraînements, de perquisitions, les filatures à travers rues et arrondissements, les planques, rien ne nous est épargné. Les détails omniprésents plongent aisément le lecteur dans le brouhaha de la capitale.

 

Une trame simple et efficace est dévoilée dans le synopsis et l’on s’y tient. Il faut voir pourtant au-delà de l’enquête. Ce qui compte, c’est l’esprit d’équipe, le côté “famille”, la cohésion parmi les opérateurs en opposition totale avec les types du 20e, voire Novic et Sdarise. L’évolution de l’histoire et des acteurs principaux est fleurie de dialogues et éléments de langage “made in police” et on adhère totalement ! Un pur régal qui sort de l’ordinaire ! Leur humour, parfois bien noir ou déplacé, rend leurs actions plus légères et la vie moins âpre à avaler. Être un agent comme eux relève davantage d’une vocation qu’autre chose. On en oublierait parfois que ce ne sont que des humains, avec leurs qualités, leurs défauts.
L’unique point qui m’a déplu dans la trame, c’est la fin plutôt abrupte de cet excellent roman.

 

A travers ces pages, on ressent de l’adrénaline, c’est passionné et passionnant pour qui s’intéresse à cet univers spécial. Inspiré de faits réels, ce polar n’en devient que plus vivant ! On se ronge les ongles, on rit, on se surprend à essayer des exercices, etc. Addictif et attractif, Les formes de l’ombre ne peut pas laisser qui que ce soit indifférent.

 

Je n’ai pas grand élément négatif à sortir de ce polar, quand bien même, je me tairais, histoire que Philippe Deparis ne débarque pas chez moi pour un 6 mat’ avec son HK416. Plus sérieusement, j’ai relevé quelques coquilles et un cruel manque de ponctuation pour parvenir à coup de cœur. L’auteur est à suivre de très, mais alors très près !!!