Immortel, J. R. Dos Santos

Immortel, de J.R. Dos Santos (PT), HC Edtions, 2020

Synopsis :

Après avoir annoncé la naissance de deux bébés génétiquement modifiés, un scientifique chinois disparaît. La presse internationale commence à poser des questions, les services secrets tentent de trouver des réponses, un homme contacte Tomás Noronha à Lisbonne. Celui qui se présente comme un scientifique travaillant pour la DARPA, l’agence pour les projets de recherche avancée de la Défense américaine, a besoin du célèbre cryptologue pour retrouver le savant disparu. Tomás découvre alors les véritables enjeux du projet secret chinois…

Pour le grand retour de Tomás Noronha, le héros de La Formule de Dieu, J. R. dos Santos a choisi le sujet qui est dans toutes les têtes : l’intelligence artificielle. L’humanité touche-t-elle à sa fin ou fait-elle face à un nouveau départ ? Sur la base des recherches les plus avancées, J. R. dos Santos nous dévoile l’extraordinaire destin de l’humanité. Il nous démontre avec toujours autant de sérieux que la science est sur le point d’atteindre sa plus grande réalisation : la mort de la mort. Bientôt, nous serons… Immortels..

Avis : 2.8/5

Personnages : 3/5
Décors : 2/5
Trame : 3/5
Emotion : 3/5
Globale : 3/5

Rien de tel en ce début d’année qu’une Masse critique de Babelio pour ouvrir les hostilités ! Merci à eux ainsi qu’aux Editions Hervé Chopin pour m’avoir permis de me procurer le dernier beau pavé de J.R. Dos Santos ! Avec une telle couverture et un titre aussi tape-à-l’oeil, il y avait de quoi s’y intéresser. Pour autant, ayant déjà lu cet auteur à quelques reprises, l’enchantement a toujours laissé place à une grande déception au final.

Plus de 500 pages, le tout accompagné presque uniquement de trois personnages ! Trop peu pour diversifier, et pas assez approfondi pour générer de l’empathie.
Notre héros habituel, l’historien Tómas Noronha, reprend son rôle habituel. Le Professeur navigue dans des eaux inconnues dans lesquelles il n’a pas fond : l’Intelligence Artificielle (l’IA). Autant dire qu’il a énormément à apprendre dans ce domaine. Pour ce faire, son équipier engage avec lui une présentation sur les technologies de A à Z. Il est évident que pour cet homme, Kurt Weilmann, tout paraît simple, car il représente la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency). Entre le Portugais et l’Américain, une alliance se créée afin de survivre dans une Lisbonne martyrisée.
De l’autre côté de la planète, nous découvrons la sommité scientifique de la Chine, le Professeur Yao Bai. N’ayant plus aucune attache familiale ou amicale, celui qu’on surnomme l’Immortel décide de prévenir le monde d’un danger à venir, quitte à se mettre à dos son pays et le farouche Colonel Li qui ne le lâchera pas d’un iota… ou presque. 
Je n’ai guère ressenti d’attachement pour ces trois figures. Entre Noronha et Weilmann, l’échange ressemble juste à une relation maître/élève platonique. Fort heureusement, les nombreux sujet intéressants prennent une place prépondérante et l’on oublie de s’intéresser à ces voix sans corps. Pour Yao Bai, si parfois son récit est touchant, la seconde partie de roman contrebalance les pronostiques initiaux. Il est utile de préciser que cette dernière remarque demeure nécessaire et clairement justifié par les événements.

On sait que J.R. Dos Santos était journaliste, reporter de guerre et présentateur à la télévision. Il n’avait donc pas vocation à égayer nos sens avec de somptueux décors.
Le récit prend place à Lisbonne, en Chine et… sur Internet ! En toute honnêteté, je ne connaît rien à la capitale du Portugal et après lecture de ce roman, me voilà pas plus avancé. Par contre, les descriptions de ce fabuleux pays qu’est la glorieuse République Populaire de Chine m’ont sidéré. Je savais cette région du globe assez axée sur la surveillance étatique, mais pas à ce point. Dans Immortel, l’auteur nous invite admirer tout le travail autocratique de ce régime encore plus sévère que mon instituteur au secondaire (que je salue, au passage). 
En résumé, un aspect visuel moindre, environnement neutre, nos sens s’empêtrent dans le texte.

Passons au gros du problème : le fil conducteur ; ou son absence partiel.
Les 250 premières pages sont consacrées à du dialogue, du dialogue, et un peu de dialogue encore. Je veux bien concéder qu’il faut beaucoup de théories pour arriver à la finalité désirée d’Immortel. Personnellement, cela ne m’a pas dérangé car bien de sujets sont traités, il y a de quoi susciter l’intérêt et le tout est documenté à merveille. Pour autant, balancer cette quantité massive d’informations au travers de dialogues peut rebuter plus d’un lecteur. Ce qui m’a fait soupirer à plusieurs reprises, ce sont les incessants cliffhangers et leur mise en scène. J’ai également noté des redondances qui allongent des explications déjà assez détaillées. 
La seconde partie de roman s’accélère, le scénario se déchaîne et une bataille féroce s’engage. Là, on parle moins et on agit davantage ! 
A mon goût, J.R. Dos Santos a une nouvelle fois réalisé une merveille dans ses recherches journalistiques avant de se perdre pour les mettre bout à bout. Fidèle à ses précédents livres, l’auteur m’a encore déçu sur un final bâclé, tiré par les cheveux et inaccompli. 

L’émotion que j’ai le plus ressentie, c’est la consternation. Sous bien des aspects, ce roman a de quoi déboîter des mâchoires. Si vous vous sentez un attrait pour le nouvelle médecin, les technologies et l’IA, ce roman vous attend là, maintenant, tout de suite. Vous impatience et soif d’apprendre ne seront pas en reste !
Attention au revers de médaille, car si l’on trouve une certaine excitations dans ce roman, l’ensemble n’en demeure pas moins très anxiogène ! Inquiétude sur l’actuel, le future, craintes vis-à-vis de la modernité, préoccupation sur le sujet de l’IA, soucis quant à l’évolution de la médecin, méfiance envers les technologies, pessimisme sur notre propre existence : voilà le menu.

L’IA, un sujet brûlant et toujours d’actualité, est ici étudiée sous tous ses aspects et c’est avec assiduité que j’ai épluché ces informations. Afin de mieux digérer ce condensé de médecine, de politique, d’éthique, de politique, de technologie, de physique, d’astronomie et j’en passe, J.R. Dos Santos a délivré ses recherches sous la structure d’un roman rondement mené. 
Amoureux de l’immortalité, ce bouquin risque de vous envoûter !