Sales mômes, sales vieux, de M. Domecq et James

Sales mômes, sales vieux, de M. Domecq et James (FR), Fluide glacial, 2020

Synopsis :

L’amour, la vie de couple, les réseaux sociaux, les emmerdes… Yannick Grossetête passe au crible tous ces petits riens qui peuvent faire de notre quotidien un enfer, avec un humour dévastateur et toujours juste.

Avis : 4.6/5

Personnages : 5/5
Décors : 4/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 4/5

C’est via une Masse critique “livre graphique” du site Babelio que j’ai pu bénéficier de cette petite BD. Un grand merci à eux ainsi qu’aux Editions Fluide glacial pour m’avoir permis d’y participer. N’étant pas du tout fan de bande dessinée, j’ai osé tenter le concours uniquement grâce à l’estampillage “Fluide glacial”. A tord ou à raison ? 

Une fois n’est pas coutume, je vais débuter par la structure. Sales mômes, sales vieux est une mini-BD de 96 pages. Elle est structurée d’une planche par page avec chacune entre une et quatre cases, titres compris. La typographie demeure bien lisible. Je définirais le plan comme le modèle dit “américain” : l’importance se trouve davantage dans ces personnages et leurs paroles que dans le décor qui passe au second plan. Le détail des dessins m’a ainsi paru très maigre parfois. L’enchaînement des vignettes est plus du type scène que séquence. 

Les divers personnages, bien que redondants, ne se succèdent jamais d’une planche à une autre. On passe du bébé à l’enfant rebelle, un ado anarchiste sans le moindre repère, une mère de famille sans instinct maternel, un couple gay avec un bébé, un jeune couple se chamaillant, des vieillards entre eux, surtout l’un accompagné de son fils désirant l’héritage, d’une personne âgée s’occupant de sa mère encore plus âgée, etc. Il y a des clichés, ils peuvent être appuyés mais ça doit être voulu tant le trait devient parfois grossier. Tout ce joli monde s’invective, se chambre, s’envoie des pics à tout-va, se conseille sur les choses simples de la vie sous l’angle du premier degré et de l’honnêteté immédiate sans réflexion.

Beaucoup de thèmes sont présents : l’accouchement, la paternité, la maternité, l’adoption, les crises familiales, la possessivité, la psychogériatrie, etc. On a même droit à de l’inceste. L’ensemble est bien amené, tantôt avec finesse tantôt avec lourdeur, jamais avec de la vulgarité… ou presque. Il y a assez peu de texte, les auteurs sont allés à l’essentiel sans prendre de pincette. Parfois, ce sont les silences qui vous font imaginer les pires pensées.

Forcément, ce type d’humour ne plaît pas à tout le monde. C’est très froid, glauque, osé, amusant, divertissant et il faut savoir apprécier la justesse des mots dans leurs contextes. Pour ma part, sans surprise, je me suis bien marré et la lecture de Sales mômes, sales vieux ne m’a apporté que des rictus dénués d’exaspération. Vraiment, je m’attendais à cela et me voilà pleinement satisfait de cette trouvaille.

Bien entendu, cette BD est réservée à un certain public. Pourtant, un enfant de dix ans ou même un ado ne serait pas apte à comprendre bien des subtilités car les sous-entendus pullulent ! 
Très belle réussite que je ne saurais que conseiller !