Amours sorcières, T. Ben Jelloun

Amours sorcières, de Tahar Ben Jelloun (MAR), Editions du Seuil, 2004

Synopsis :

Ces dix-huit nouvelles, en grande partie inédites, sont organisées autour des trois mêmes thèmes (qui n’en forment qu’un) : l’amour, l’amitié et la trahison. Sur des tons divers, usant d’un registre assez large, Tahar nous propose ici ce qu’il sait le mieux faire : raconter des histoires. Histoires de femmes, d’hommes comblés ou blessés, d’amour fou et – souvent – naufragé, qui se situent dans le Maroc d’aujourd’hui, un Maroc tiraillé entre la tradition et la modernité, où le recours au sorcier marabout, au voyant ou charlatan est de plus en plus fréquent. Les femmes ne sont d’ailleurs pas les seules, loin s’en faut, à recourir à ces formes de magie ou de superstition. Les hommes y cèdent eux aussi, y compris ceux qui appartiennent à l’élite occidentalisé. Ce parfum magique, avec filtres et malédiction, enveloppe tout le livre, et lui donne une saveur particulière.

Ainsi, L’amour sorcier, raconte comment une femme tente de retenir un homme dans son amour et comment celui-ci, malgré tout, s’en détache. Ou encore, Homme sous influence, qui campe un grand scientifique, victime de plusieurs déconvenues et contrariétés, qui apprend qu’il a été proprement ensorcelé. Hammam, la plus longue nouvelle du recueil, raconte l’histoire d’un grand pianiste marocain de réputation internationale jalousé et escroqué par des gens qu’il considérait comme des amis.

Enfin, la quatrième et dernière partie réunit non point des « nouvelles » à proprement parler mais deux magnifiques récits authentiques. L’un, Le prophète qui réveilla l’ange retrace la dernière rencontre amoureuse de Jean Genet avec un jeune marocain, histoire dure et belle dont Tahar – ami personnel de Genet – fut le témoin direct. L’autre, Naima et Habiba est le récit d’une amitié bouleversante entre une femme malade et handicapée et sa femme de compagnie, borgne et analphabète. On retrouve ici, sous une forme séduisante, la quintessence de l’univers romanesque de Tahar Ben Jelloun.

Avis : 2/5

Il y a quelques années, je découvrais Tahar Ben Jelloun à travers de nombreuses citations par-ci par-là qui, chaque fois, trouvaient écho en moi. C’est en retombant sur l’une d’elle l’autre jour que j’ai désiré enfin parcourir un de ses livres. J’en ai donc choisi un au hasard, et quelque chose me dit que le hasard ne fait pas systématiquement bonne fortune.

La première raison est sans doute due au fait que Amours sorcières n’est pas un roman, mais un recueil de nouvelles. Ce type de textes courts ne m’a jamais attiré, allez savoir pourquoi. Une histoire de goût, peut-être. Ou alors une volonté d’écrits plus longs, avec une certaine continuité. Ensuite, certaines nouvelles m’ont paru répétitives, surtout avec les croyances populaires autour des sorciers et autres guérisseurs avec leurs méthodes saugrenues. Autre point à relever, ma lecture trop occidentale d’une lecture orientale, bien que je m’estime ouvert au monde.

Cette ouvrage se compose donc de quatre parties : partie 1 : Amours sorcières ; partie 2 : Amours contrariées ; partie 3 : Trahison ; partie 4 : Amitié. Trois thématiques ressortent donc, lesquelles paraissent bien liées tant on peut les mélanger à volonté. Certaines nouvelles m’ont beaucoup parlé, plus et fait réfléchir. Il en va de même pour l’inverse. Toutefois, on ressent nettement les messages positifs de Ben Jelloun, son côté humain, humaniste et philosophe. 

Le talent de l’auteur n’est pas à démontrer et ces précieuses pages devraient attirer son lot d’adorateurs.