Retrouvailles, N. Sparks

Retrouvailles, de Nicholas Sparks (USA), Michel Lafon, 2021

Synopsis :

Trevor, un jeune médecin militaire gravement blessé en Afghanistan, n’avait jamais eu l’intention de retourner vivre à New Bern, la ville de son enfance. Mais lorsque son grand-père décède d’une façon aussi étrange que soudaine, il n’a d’autre choix que de retrouver la vieille maison dont il a hérité. A peine installé, il rencontre Natalie, la shérif adjointe du comté, qui ne le laisse pas indifférent.
Mais Natalie reste désespérément distante et semble même lui cacher quelque chose. Et elle n’est pas la seule… Car Trevor a également fait la connaissance de Callie, une adolescente qui semble en savoir plus sur les circonstances de la mort de son aïeul que ce qu’elle veut bien dire…
S’improvisant enquêteur pour tenter de lever le voile sur les différents secrets, Trevor va renouer avec une vie simple et découvrir le vrai sens du mot amour.
Et si, pour aller de l’avant, il fallait revenir là où tout a commencé ?

Avis : 2.4/5

Personnages : 3/5
Décors : 3/5
Trame : 2/5
Emotion : 2/5
Globale : 2/5

M’étant clairement ennuyé avec son roman Au rythme de ton souffle, je désirais donner une nouvelle chance à Nicholas Sparks de m’envoûter avec des œuvres comme Un choixA tout jamais ou encore Chemins croisés. Pour faire court et simple, en un mot : loupé !

Trois personnages ressortent de ce roman, surtout parce que les secondaires apparaissent très peu et n’ont de ce fait pas une grande importance.
Le narrateur et personnage central est Trevor, médecin militaire, blessé par un mortier en Afghanistan, qui tente de se reconstruire. Le décès de son grand-père en Caroline du Nord l’amène à revenir à New Bern, un endroit qu’il a toujours chéri. Là-bas, il devra préparer l’enterrement de son aïeul, retaper sa maison, s’occuper de ses ruches d’abeilles, etc. En dehors de ça, Trevor doit travailler sur le PTSD (syndrome de stress post-traumatique) que lui a légué la guerre. Trevor est drôle, un brin curieux et très sociable. S’il rencontre une jeune fille en premier lieu, c’est une autre femme qui va gagner toute son attention.
Natalie, adjointe du Shérif, lui tape littéralement dans l’oeil au premier regard. Elle est sûre d’elle, a des comportements sociaux étranges, souffle le chaud et le froid et on peine à la cerner. Leurs dialogues sont assez longs, parfois ennuyeux et leur histoire piétine.
En dernier lieu, Callie, l’ado renfermée, que Trevor croise à quelques reprises. On ne sait rien d’elle ou presque. Bien qu’ayant un rôle primordial, elle prend une réelle place qu’après la moitié du roman, ce que j’ai trouvé usant.

En grande majorité, le roman se passe à New Bern, petite bourgade de Caroline du Nord. Les décors paraissent fidèles, comme tous ses autres romans, et la quantité permet de bien imaginer les divers lieux. Nicholas Sparks se plaît à rester dans sa zone de confort.
On fait également quelques détours par d’autres Etats : Caroline du Sud, Géorgie et Maryland.
Les descriptions demeurent bien amenées, à ce détails qu’ils plombent parfois le récit. Décrire sur une page entière la manière dont Trevor cuisine n’apporte pas grand chose au récit. Souvent, j’avais l’impression de tenir un livre gastronomique entre les mains, c’est dire.

Le synopsis dévoile déjà trop d’éléments, à mon avis.
De plus, le roman est tant déstructuré qu’on perd de vue l’essentiel. Trevor prend le temps de connaître Natalie au détriment de tout le reste. Puis c’est par hasard qu’il va s’intéresser à la jeune Callie, la mystérieuse adolescente. Avec son rôle centrale, elle aurait mérité davantage d’attention dès le départ !
Prologue et épilogue se déroulent cinq ans plus tard. On devine aisément ce qu’il va s’y vivre…
Les chapitres demeurent très longs et les thèmes récurrents s’invitent encore et encore : un ancien soldat, une femme blessée, une maladie, un héritage. Niveau renouvellement, il y a mieux…
Quelle déception ! Mais où est donc passée la superbe de Nicholas Sparks ? Son brin de magie, sa créativité ?

Avec le service minimum proposé par l’auteur dans Retrouvailles, il ne ressort que peu d’émotions de son roman. De l’humour, de l’amour, de l’empathie, de la passion, du regret et de la désolation. Jamais auparavant un récit de Sparks m’avait aussi peu touché là, au fond de mon âme.

Les années passent et la qualité des ouvrages de cet auteur ne cessent de diminuer. Sans doute vais-je attendre un moment avant de le suivre à nouveau. Retrouvailles ne va vraiment pas marquer ma mémoire et a tout du bouquin que je vous déconseille de lire !