Les filles mortes ne sont pas aussi jolies, E. Little

Les filles mortes ne sont pas aussi jolies, de Elizabeth Little (USA), Sonatine, 2020

Synopsis :

« Donnez-moi un film, et je trouverai la vérité. »

Au départ, elle n’a rien d’une enquêtrice. Timide, un brin asociale, elle s’efforce d’éviter les ennuis. Marissa Dahl est surtout une étonnante monteuse de films. Engagée sur un long métrage dont le tournage a lieu sur Kickout Island, elle fait la connaissance du metteur en scène Tony Rees, réputé pour son comportement tyrannique.

Très vite, elle comprend que quelque chose ne tourne pas rond : une atmosphère de secrets et de paranoïa, des acteurs persécutés… Le film reconstitue une histoire vraie, celle du meurtre non élucidé, vingt ans plus tôt, de Caitlyn Kelly. Pourquoi un tel projet ? Marissa n’en sait pas assez. Elle veut en savoir plus, bientôt elle en saura trop. Alors, il sera trop tard pour revenir en arrière…

Avis : 1.8/5

Personnages : 2/5
Décors : 3/5
Trame : 2/5
Emotion : 1/5
Globale : 1/5

Avec Les filles morts ne sont pas aussi jolies, je comptais mettre un terme à cette fichue année 2020 et repartir du bon pied en 2021 avec la découverte d’une auteure des prestigieuses éditions Sonatine. Malheureusement, ce  bouquin tenait davantage de 2020 que de la nouvelle année… quel fiasco !

Le personnage principal et narrateur, Marissa Dahl, a tout de l’emmerdeuse. Lorsqu’elle parle, elle ne s’arrête pas, saute du coq à l’âne et laisse planer des mystères inintéressants. Elizabeth Little nous propose également de plonger dans sa tête et d’écouter ses pensées. Hé bien, c’est brouillon et la pauvre risque de nombreuses méningites dans sa vie. Aucune structure, s’arrête sur des détails insignifiants, se prend pour Tim Roth dans Lie to me, navigue dans son propre monde. 
Plus terre à terre, un ancien SEAL, Isaiah, est chargé de la sécurité. Cette montagne de muscles respire le professionnel, la droiture et l’exigence. 
Dans l’équipe du film, je retiens bien sûr Tony, le réalisateur qui souffre du syndrome de Dieu et ne laisse filtrer que peu d’informations. Son assistantes, Anjali, joue le rôle de la méchante qui veut tout contrôler, tout diriger et se veut autoritaire au possible. Un acteur est assez sympathique en la personne de Gavin. Tout ce bon monde d’Hollywood n’a rien de glamour, c’est abject, irritant et pénible à vivre.
Il reste deux personnes que j’ai adorées. Suzy et Grace, deux adolescentes (ou presque) qui mènent des enquêtes en parfaites espionnes. Si parfois la crédibilité se perd, leur sens de l’humour et leur malice rattrape les défauts.

Tout le roman se déroule sur l’ïle de Kickout dans le Delaware. L’endroit est si paumé que l’auteure a réussi à glisser que Joe Biden y avait son fief. Tous les décors sont précis, même beaucoup trop, mais au moins, on arrive à s’y retrouver. Finalement, l’aspect descriptif reste ce qu’il y a de plus intéressant.

L’histoire tient sur un maigre morceau de papier A6 : on réalise un film sur un meurtre non résolu dans son propre décor, des années plus tard. Il y avait bien une personne accusée, mais pas assez de preuves contre lui. Cet homme, Billy, est d’ailleurs toujours sur place…
Et rien ne se déroule comme prévu côté caméra, il y a des incidents sur le tournage, de la nervosité, des gens qui campent derrière leurs fameuses clauses de confidentialité. Sans les délires de Marissa, le roman pourrait compter deux fois moins de pages tant l’intrigue est mince. Beaucoup trop peu pour régaler le lecteur. De plus, un podcast mené par Suzy et Grace dévoile un point sensible de l’histoire très tôt. Il y a plusieurs extraits de leurs entretiens qui viennent couper les chapitres, certains utiles, d’autres superflus. La trame n’a rien d’un thriller donc, plutôt un petit policier très superficiel.

Une émotion a rapidement dominé le texte. Toutefois, je me disais qu’il s’agissait du départ, puis de la pose des décors, puis de l’intrigue, puis de l’enquête, etc. Pourtant, rien n’y fit et un profond ennui m’a accompagné durant 300 pages. En suivant la règle “quand on commence un livre, on le finit, au moins par respect”, on en arrive à agir en pur masochiste.

Le style d’écriture d’Elizabeth Little apparaît comme vraiment particulier. Des phrases interminables qui partent dans tous le sens, des dialogues peu inspirés et saccadés, un univers peu envieux dans le monde du cinéma. Non, réellement, rien ne m’a vraiment plus dans ce roman, à part le plaisir de l’avoir terminé et de passer à un autre.