L’île au secret, R. Jónasson

L’île au secret, de Ragnar Jónasson (IS), Editions de la Martinière, 2020

Synopsis :

Au large des côtes de l’Islande, l’île d’Ellidaey abrite la maison la plus isolée au monde. C’est sur cette terre sauvage que quatre amis ont choisi de fêter leurs retrouvailles. Mais, après la chute mortelle de l’un d’entre eux, la petite escapade tourne au drame.

L’inspectrice Hulda, quinze ans avant les événements survenus dans La Dame de Reykjavík, n’a qu’une ambition : découvrir la vérité. Pas du genre à compter ses heures, Hulda ne prendrait- elle pas l’affaire trop à cœur ? Elle n’a jamais connu son père et a toujours entretenu avec sa mère une relation en dents de scie. Une vie de famille tellement chaotique que son job semble la seule chose capable de la rattacher à la réalité… Mais sur l’île d’Ellidaey plane une atmosphère étouffante. Les fantômes du passé ressurgissent.

Avis : 4/5

Personnages : 4/5
Décors : 5/5
Trame : 4/5
Emotion : 3/5
Globale : 4/5

Seconde aventure avec comme héroïne une Hulda plus jeune de 15 ans que dans « La Dame de Reykjavik » mais tout aussi déterminée et acharnée.

Les protagonistes sont peu nombreux mais soigneusement préparés pour nous accompagner. On retrouve Hulda agissant en électron libre et prête à tout – même mentir – pour faire tomber les masques. En bourreau de travail, elle cravache dans tous les coins autant pour son enquête policière comme pour sa recherche familiale… Son supérieur à la police, Lýdur, taciturne et assoiffé de victoire va devoir se confronter à sa collègue qui, par richochet, va marcher sur ses plates-bandes.
Surtout, il y a cinq amis : Benedikt, Dagur, Klara, Alexandra et Katla. La dernière a disparu dix ans auparavant, violentée par son père. Elle était pleine de vie, rêveuse et un peu actrice dans l’âme. Il reste les quatre autres qui décident donc, une décennie après ce drame, de se réunir pour fêter sa mémoire. Ou lever les secrets, aussi… Benedikt, la forte tête à la tête d’une société dans les nouvelles technologies, calculateur. Dagur, le frère de la défunte Katla, renfermé, avec un poste qu’il déteste dans la finance, ayant vu sa famille explosé avec le décès de sa soeur. Klara, qui était presque siamoise avec Katla, qui n’est pas arrivée à mener ses plans à bien, bohémienne, qui semble taire ce que des fantômes lui chuchotent. Alexandra, mariée, des enfants, pour qui ces retrouvailles vont tourner au calvaire.

Cette fois-ci, Ragnar Jónasson nous fait voyager un peu. Un fjord du nord-ouest de l’Islande, Savannah en Géorgie, Reykjavik, et surtout Ellidaey, petite île du sud qu’on retrouve sur la couverture du livre ou ici.

La trame est simple, déjà vue, mais toujours aussi efficace.
Le meurtre de Katla commis en 1987, imputé à son père bien que nous ayons des éléments contraires dès le départ. Cette enquête a été dirigée à l’époque par Lýdur et sa résolution l’a aidé à gravir les marches de la police criminelle.
En 1997, ses amis et son frère passent un week-end de retrouvailles assez tendu, jusqu’à ce qu’un « accident » survienne.
En prenant cette enquête, Hulda n’a pas encore conscience qu’elle va devoir nager contre vents et marées pour faire tomber toutes les pièces du domino. Et malmener quelques personnes, s’il le faut.

L’aspect suspense n’est pas omniprésent, mais l’intrigue est posée de sorte que la curiosité nous pousse à traverser ces courts chapitres jusqu’à ce que tout soit déballé à ciel ouvert.

Ragnar Jónasson réussit un très bon polar, on retrouve sa touche personnelle sans peine et il rend à nouveau honneur à l’Islande ! Un vrai bonheur qui aide à passer l’éternel recommencement de ce confinement !