Code 93, O. Norek

Code 93, de Olivier Norek (FR), Michel Lafon, 2014

Synopsis :

Un cadavre, émasculé, qui rouvre les yeux sur la table d'autopsie. Un portable qui se met à sonner dans le corps d'un jeune toxico, mort de brûlures inexplicables. Malgré quinze ans de terrain en Seine-Saint-Denis, Victor Coste, capitaine de police, se prépare au pire.

Et que penser de ces lettres anonymes qui dessinent une première piste : celle d'un mystérieux dossier, le «Code 93» ?
Une piste qui, des cercles huppés parisiens aux quartiers déshérités, fera franchir à Coste les limites du périphérique, et de la raison...

Avis : 5/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5

Nous sommes en juillet et je pense avoir découvert ma révélation de cette année 2017. C'est par le plus pur des hasards que je me suis perdu à la librairie au rayon "polars" et que j'ai craqué pour ce livre.

En lisant le synopsis, ça a fait tilt. Mieux encore, en tournant la première page, j'ai appris qu'Olivier Norek exerçait la profession de lieutenant à la SDPJ dans le 93. Quoi de plus naturel donc de tomber dans "Code 93" sur un certain Victor Coste, même poste au même endroit.

Au fil du bouquin, il convient que nul autre qu'un flic pouvait écrire ce récit. Il y a d'importans détails, ni trop ni pas assez. On aurait presque l'impression que cette affaire a existé.

Un humour typique d'un commissariat avec des personnages hyper attachants avec lesquels on arrive aisément à se projeter... et rire. L'équipe de Coste, on en rêve et les découvrir à la télé ne pourrait que fonctionner.

Finalement, ça se lit en douceur, le rythme est excellent, les chapitres courts et succints. Du coup, Olivier Norek vient d'augmenter son nombre de fans avec moi. D'ailleurs, tous ses romans se sont empilés sur ma PAL et j'ai hâte de voir l'évolution de Coste, Ronan et le reste de cette troupe de choc.

13 Reasons Why, J. Asher

13 Reasons Why, de Jay Asher (USA), Albin Michel, 2017

Synopsis :

Si tu entends ce message, il est déjà trop tard.

Une nouvelle édition du best-seller international de Jay Asher, avec des photos exclusives du tournage de la série événement NETFLIX.

Clay Jensen ne veut pas entendre parler des enregistrements qu'Hannah Baker a laissés. Hannah est morte, ses secrets avec elle. Pourtant, son nom figure sur ces enregistrements. Il est l'une des raisons, l'une des treize responsables de sa mort. D'abord choqué, Clay écoute les cassettes en cheminant dans la ville. Puis, il se laisse porter par la voix d'Hannah. Hannah en colère, Hannah heureuse, Hannah blessée et peut-être amoureuse de lui. C'est une jeune fille plus vivante que jamais que découvre Clay. Une fille qui lui dit à l'oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer...

Avis : 5/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5

Avant toute remarque, il convient d'avouer une chose de manière sincère : la série 13 Reasons why élaborée par Netflix dépasse de loin le roman éponyme de Jay Asher. D'ailleurs, je pense que si je n'avais pas mangé les 13 épisodes avec avidité, je n'aurais jamais classé le livre en qualité de coup de coeur.

Si je devais retenir un élément télévisuel au niveau série cette année, je mettrais le paquet sur 13 Reasons why. Comme rarement, elle a su me toucher, me percuter, me déstabiliser, me pousser à la réflexion. Tel un ado, je me suis pleinement retrouvé dans tant de situations où j'aurais désiré intervenir. De plus, comment ne pas tomber en extase devant le jeu de l'actrice principale, Katherine Langford ? Ce visage, ce sourire, cette peine infinie, sa façon d'évoluer comme si aucune caméra était visible. Vraiment, elle m'a subjugué ! Ajoutez-y encore un acteur, Dylan Minnette, et là, ça claque sec !

Bon, ok, je me suis procuré le livre uniquement après m'être remis de cette série. Alors, qu'en est-il ? Comme attendu, il y a bien des divergences entre les deux versions. La recette principale demeure identique avec des thèmes comme l'adolescence, la harcèlement scolaire, l'homosexualité, le viol, la drogue, le voyeurisme, l'alcool, le sexe. Pour ma part, la qualité transpire entre ces pages où l'on suit Clay avec une tension et une rage grandissantes. Via sa journée qui va crescendo niveau torture morale, on suit la fameuse descente en enfer de Hannah, page après page. Toujours en spectateur. Toujours sans pouvoir agir. Toujours en lui criant de modifier ne serait-ce qu'un acte pour enrayer sa spirale infernale. Car c'est bien de cela qu'il s'agit ici : une lente mise à mort d'une ado standard, sympathique et innocente. Elle pourrait être votre soeur, vous ou moi. 

Ce roman ne peut pas laisser insensible, réellement. Mieux même, il pourrait être intéressant de le proposer à l'école afin d'éviter bien des drames. 

Selfies, J. Adler-Olsen

Selfies, de Jussi Adler-Olsen (DK), Editions Albin Michel, 2017

Synopsis :
Elles touchent les aides sociales et ne rêvent que d’une chose : devenir des stars de reality-show. Sans imaginer un instant qu’elles sont la cible d’une personne gravement déséquilibrée dont le but est de les éliminer une par une. L’inimitable trio formé par le cynique inspecteur Carl Mørck et ses fidèles assistants Assad et Rose doit réagir vite s’il ne veut pas voir le Département V, accusé de ne pas être assez rentable, mettre la clé sous la porte. Mais Rose, plus que jamais indispensable, sombre dans la folie, assaillie par les fantômes de son passé…

Avis 
Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5

Où Jussi Adler-Olsen va-t-il s'arrêter ?

Mör, J. Gustawsson

Mör, de Johana Gustawsson (FR), Bragelonne, 2017

Synopsis :

Mör : adj. fém. En suédois, signifie « tendre ». S'emploie pour parler de la viande. 

Falkenberg, 16 juillet 2015. Sur les rives d’un lac, on retrouve le cadavre affreusement dépecé d’une femme. Ses seins, ses fesses, ses cuisses et ses hanches ont été amputés de plusieurs kilos de chair.

Londres, le lendemain matin. La profileuse Emily Roy est appelée sur les lieux d’une disparition inquiétante : l’actrice Julianne Bell a été enlevée à l’aube, et ses chaussures ont été retrouvées à proximité de chez elle, emballées dans un sac de congélation.

Ces deux crimes portent la signature de Richard Hemfield, le « tueur de Tower Hamlets », enfermé à perpétuité à l’hôpital psychiatrique de haute sécurité de Broadmoor. Dix ans plus tôt, il a été reconnu coupable du meurtre de six femmes et de celui de l’ancien compagnon de l’écrivaine Alexis Castells. Comment alors expliquer que ses crimes recommencent ?

Avis : 5/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5

Bien que Mör veuille signifier "tendre" en suédois, ne vous attendez pas à un roman qui vous caressera la joue. Loin, mais alors bien loin de là ! Pensez plutôt à une rencontre amicale entre Jack l'Eventreur et le clan Manson (Charles, pas Marylin).

En reposant le roman de cette auteure de talent, vous allez sûrement partir à la recherche de termes élogieux pour le cataloguer. Personnellement, cela fait 24H, et il faudra un néologisme pour définir Mör tant j'ai apprécié sa compagnie de (seulement !) 300 pages.

Chassé-croisé passé/présent, des personnages n'ayant rien en commun, et pourtant, qui voguent les uns vers les autres dans des descriptions parfois atroces. Il y a, oui, un peu de gore. Mais il ne faudra pas s'arrêter à ces faits mais bien sur l'enquête mené sur divers fronts.

Ce qui en fait un page-turner ? Simplement, des chapitres courts, sans fioritures, qui vont droit au but et qui manipulent assez le lecteur pour l'empêcher de reposer ce livre qui vous fait du coin de l'oeil non-stop ! Du sadisme à l'état pur, même les 50 nuances passent pour de l'amateurisme.

Johana Gustawsson a, comme vous l'aurez compris, plus de talent pour l'écriture que sa ville d'orgine pour le football ;-)

Le vide, P. Senécal

Le vide, de Patrick Senécal (CAN), Fleuve noir, 2016

Synopsis :

Plus loin vous repousserez les limites, plus longue sera la chute… dans le vide.

Vivre au max. C’est le nom de l’émission de télé-réalité de Max Lavoie. Le milliardaire a tout quitté, liquidé pour se lancer dans son projet. La première saison a défrayé la chronique, choqué les âmes sensibles et s’est attiré les foudres de la commission de censure. En proposant de réaliser en direct les rêves les plus fous des participants, Max a frappé un grand coup. La saison 2 débute et promet encore plus de sensations fortes à un public ébahi.

Tout semble possible, sans limites. Alors qu’est-ce que les participants vont demander au présentateur philanthrope ? Quel fantasme délirant ? Quel ultime grand frisson ?

Attention mesdames et messieurs, plus loin vous repousserez les limites, plus longue sera la chute… dans le vide.

Avis : 5/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5

Attachez bien votre ceinture ! Parce que là, après Hell.com, Patrick Senécal nous offre encore un livre très dérangeant, atroce, d'une violence assumée. Après deux chapitres, il faut déjà faire une pause tant on se sent mal à l'aise devant un tel spectacle.

Dans le même esprit, dans le fond, de "God bless America", on suit divers personnages ; des dépressifs sévères, un milliardaire loufoque ne trouvant sens à sa vie, un flic adorant une émission de téléréalité douteuse, sa fille renfermée à raison, un psychiatre nettement plus fou que ses patients, et j'en passe.

Dans la chronicité des événements, on suit leur lente descente en enfer ; car c'est bien là qu'ils vont se retrouver !

Un roman jouissif au paradigme assumé, une critique de la société actuelle poussée à l'extrême, un vide sidéral et des destins funestes : voilà le rendez-vous que vous propose "Le vide".