La vie devant soi, R. Gary (E. Ajar)

La vie devant soi, de Romain Gary (FR), Editions Gallimard, 1982

Synopsis :
Signé Ajar, ce roman reçut le prix Goncourt en 1975. 
Histoire d'amour d'un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que "ça ne pardonne pas" et parce qu'il n'est "pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur". Le petit garçon l'aidera à se cacher dans son "trou juif", elle n'ira pas mourir à l'hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré "des peuples à disposer d'eux-mêmes" qui n'est pas respecté par l'Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu'à ce qu'elle meure et même au-delà de la mort.

Avis : 5/5
Un écrivain un peu schizophrène : Romain Gary, Emile Ajar, Fosco Sinibaldi... Et surtout, en trichant sur ses peudos, le seul à avoir remporté deux prix Goncourt !

Ce que j'ai aimé dans La vie devant soi, ce sont tout d'abord les personnages. Rosa, l'ex-pute juive qui garde, justement, des enfants de putes et qui vit encore dans la crainte d'être arrêté par la Gestapo. N'y voyez aucune vulgarité, le roman est tout aussi cru et appelle un chat un chat. On suit avec plaisir l'évolution du petit Momo, un Arabe que madame Rosa adore tellement, leurs aventures loufoques et drôles. 
Puis, on découvre l'affection que le petit porte à sa gardienne, cette loyauté infinie qui ne connaitra aucune défaillance jusqu'à bien plus loin que cette fichue mort.

1984, G. Orwell

1984, de George Orwell (UK), Editions Folio, 1949

Synopsis :
De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston... Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance. Seule comptait la Police de la Pensée.

Avis : 5/5
Quelques précisions : j'ai lu 1984 trois ou quatre fois, il y a cinq ans pour la dernière fois ; lors du choix de trois oeuvres dans le cadre du Français en maturité, 1984 était dans mon lot ; en clair, très dur de donner un simple et court avis.

Toutefois, je me lance.
1984 a été écrit par Orwell en... 1948, ce qui devait être le titre de ce roman à la base. Après lecture de son éditeur, Orwell a dû le changer et n'a que permuté les derniers chiffres pour nous plonger dans le futur. A l'époque, avec les tensions politiques, on craignait que 1984 ou 1948 mette inutilement de l'huile sur le feu encore brûlant des deux Grandes Guerres.


Cette dystopie nous conduit sans tarder dans un monde partagé par trois superpuissances et en guerre depuis tout le temps. Lepersonnage principal, Winston, vit en Océania et travaille dans un des ministères. Tous les ministères austères font immédiatement froid dans le dos, encore plus quand on découvre les tâches que doit effectué notre héros au quotidien.
Pour Winston, sa seule crainte est d'être qualifié de "déviant" par la Police de la Pensée, grande maitresse avec sa langue modifiée et simplifiée : le Novlangue. 
Sans cesse, BigBrother observe son petit monde, à la recherche d'éventuels renégats.
On suivra le parcours risqué de Winston qui tente de fuir ce régime totalitaire...

Plusieurs thèmes et points restent encore aujourd'hui d'actualité, et pas seulement dans des pays dits totalitaires. (Ex. les médias)
Voilà, j'espère n'avoir point trop spoilé ;-)

A tout jamais, N. Sparks

A tout jamais, de Nicholas Sparks (US), Editions Pocket, 2002

Synopsis :
Chaque mois d'avril, Landon Carter est assailli par les souvenirs de sa dernière année de lycée. C'était en 1958, dans la petite ville de Beaufort, en Caroline du Nord. Fils de bonne famille, il aimait retrouver ses amis en classe, inviter ses jolies camarades, faire le mur de temps en temps, et se moquer de la fille du pasteur : avec sa bible, son éternel chignon et son dévouement sans faille qui plaisait tant aux grandes personnes, Jamie Sullivan avait le don de l'agacer. Pour le bal du lycée, Landon, qui se retrouve sans cavalière, est contraint de l'inviter. Elle le prévient : D'accord, mais promets-moi de ne pas tomber amoureux de moi. La vie en décide autrement : entre les deux jeunes gens, c'est le coup de foudre. Mais Jamie apprend à Landon qu'elle n'a plus que quelques mois à vivre.

Le roman profondément émouvant d'une passion plus forte que la mort.

Avis : 5/5
"Elle lui a appris à vivre. Il lui a appris à aimer."
Tout pourrait se résumer à ces deux phrases. Sur la couverture, on apprend déjà qu'il y aura un bouleversement. Sur le 4e de couverture, on sait déjà la fin : Jamie va mourir. Nous voilà prévenus ! Le narrateur, dans le prologue, nous prévient également que l'on va pleurer. Et il ne s'est pas trompé.
Ce livre, qui a donné le film Le temps d'un automne, est à la fois atroce et magnifique. L'histoire nous pousse à nous questionner sur l'amour et ses mystères, sur la foi, sur la maladie, sur l'adversité au lycée.
A ce jour, je qualifie ce roman comme le meilleur de Nicholas Sparks. Je dirais même plus : la meilleure romance que j'aie pu lire à ce jour. 
Si le livre est très court quantitativement, la qualité nous attend au rendez-vous chaque page.
Un must-have à avoir dans sa bibliothèque !

Retour à Rédemption, P. Graham

Retour à Redemption, de Patrick Graham (US), Editions Anne Carrière, 2010

Synopsis :
Avocat d'affaires, Peter Shepard a tout pour être heureux : une grande maison sur les hauteurs de San Francisco, une femme amoureuse, deux petites filles irrésistibles. Pourtant, certains jours, ses angoisses sont si fortes qu'il est obligé d'aller s'asseoir sur un banc dans un parc. Toujours le même banc, toujours les mêmes angoisses. Ce que Shepard redoute, c'est le Big One, ce tremblement de terre dont tout le monde sait qu'il finira par engloutir la Californie. Et le pire advient. Mais ce n'est pas la terre qui a tremblé, c'est le passé qui a ouvert une brèche sous ses pieds, le plongeant en enfer et le forçant à se souvenir que, vingt ans plus tôt, six enfants s'étaient fait une promesse dans les cachots d'un centre de redressement. Un pacte qu'il a trahi. Il est temps pour lui de retourner à Rédemption.

Avis : 5/5
Retour à Redemption, c'est un peu la trame du film Sleepers. Six ados qui se retrouvent dans un centre de redressement, la mode de l'éducation à l'américaine où un pet de travers vous y amène. Ensemble, ils forment un groupe et se font une promesse. Mais tout ne se passe pas comme prévu.
Au long du récit, chacun des six a sa partie où l'on peut suivre son parcours. Il n'y a pas ici de réel suspense qui nous pousse à nous ronger les ongles, la narration suffit largement tant on désire savoir la suite, ce qui est arrivé à ses six déviants, pourquoi une telle vengeance venue du passé.
Un vrai régal !

L'été de toutes les peurs, M. J. Clark

L'été de toutes les peurs, de Mary Jane Clark (US), Editions L'Archipel, 2011

Synopsis :
Quand Janie, une fillette de huit ans, et sa nourrice, Mme Garcia, sont enlevées en plein jour dans une banlieue résidentielle de New York, toute l'Amérique est en émoi.Et pour cause. Janie est la fille unique d'Eliza Blake, la célèbre présentatrice de la tranche d'information matinale de Key News, la première chaîne de télé du pays.Les suspects sont légion. La propre fille de Mme Garcia, qui s'est volatilisée après l'enlèvement ? Un pédophile récidiviste aperçu le jour même non loin de chez Eliza ? Une femme psychologiquement perturbée, persuadée que Janie est sa fille ?Mais le FBI piétine... Aussi Eliza, épaulée d’autres membres de Key News, décide-t-elle de faire confiance à une médium qui prétend recevoir des flashs concernant Janie : du sang, la lettre M, un voile de mariée... Mais le temps presse, les morts violentes se succèdent, et une demande rançon vient de tomber...

Avis : 5/5
Mary Jane Clark, ex-belle-fille de la grande Mary Higgins Clark, n'a rien à envier à cette dernière.
Un roman magnifique, où l'on se fait balader du début à la fin. Les chapitres sont très courts, intensifiant le rythme. Impossible de poser ce bouquin, mais qui est coupable, bon sang ?!? Qui a enlevé la fille d'Eliza Blake, cette célèbre animatrice TV ? 
Entre la nounou immigrée, un pédophile de la région, une admiratrice de l'animatrice qui se prend pour elle et enlève les affiches liées à l'enlèvement... Un pêle-mêle de personnages intriguants, l'angoisse au rendez-vous !
Un livre qui se dévore en une seule prise.