Block 46, J. Gustawsson

Block 46, de Johana Gustawsson (FR), Editions Bragelonne, 2015

Synopsis : 

Falkenberg. Suède. Le commissaire Bergström retrouve le cadavre nu et gelé d’une femme aux abords de la plage d’Olofsbo.
Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d’enfants dont les corps sauvagement mutilés ont été abandonnés dans les bois d’Hampstead, au nord de la ville. Ils présentent les mêmes mutilations que la victime suédoise : trachée arrachée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras.
Étrange ce serial killer qui change soudain de type de proie et de lieu de chasse… S’agit-il en fait d’un tandem de sociopathes ? Les nombreuses questions que soulèvent les deux affaires amènent Emily Roy en Suède, où elle retrouve une vieille connaissance, la tenace Alexis Castells, écrivaine française spécialisée dans les tueurs en série.
Ces deux femmes aux personnalités discordantes se lancent à la poursuite de tueurs aussi pervers qu’incontrôlables. Une traque qui les conduit jusqu’aux atrocités du camp de concentration de Buchenwald, en 1944.
Sous ses airs de polar scandinave, entre présent et passé, Block 46 nous rappelle à un devoir de mémoire sur la barbarie des camps nazis, et fait la démonstration que cette inhumanité, sous des formes diverses, est toujours d’actualité.

Avis : 5/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5


Dernière lecture de l'année, et pas des moindres. Après l'avoir tant attendu auprès de ma librairie préférée, Block 46 a enfin fini entre mes mains. Sur quel terrain j'allais m'aventurer ? Aucune idée. Une chose était sûre : le synopsis promettait mont et merveilles.

Hé bien laissez-moi vous dire que Johana Gustawsson a atteint l'Everest dans mon estime ! Quelle classe, quel brio ! Indéniablement, son bouquin vaut de l'or.

En tant que petite-fille d'ancien déporté, elle a su mêlé l'horreur de Buchenwald à des crimes en série commis dans une ville côtière suédoise et à Londres. A l'aide d'une profileuse et d'une amie de victime - auteure de romans sur des serial killers-, on suit une enquête vraiment très lourde moralement par endroit. Certes, l'Histoire nous a appris les pires atrocités des nazis. Le lire est encore pire, et les descriptions font froid dans le dos. Idem pour les meurtres tant les cadavres sont découverts mutilés à un niveau assez cru.

Pour mon plus grand plaisir, j'ai réellement tout aimé. Chaque personnage, chaque scène, toute la trame montant crescendo. Johana Gustawsson  a eu bien raison de travailler ardemment pour arriver à se hisser à un tel niveau. Toutes ses recherches et analyses ont su porter leurs fruits.

Une pépite littéraire que je recommande vivement !!!

Les fugueurs de Glasgow, P. May

Les fugueurs de Glasgow, de Peter May (SCO), Editions du Rouergue, 2015

Synopsis : 

Jack et Maurie avaient 17 ans lorsqu'ils ont fugué à Londres. Cette fuite fut marquée par une tragédie : la mort de deux hommes et la disparition de Rachel, la cousine de Maurie, dont Jack était éperdument amoureux. Alors qu'ils sont tous deux sexagénaires, Maurie, qui se meurt d'un cancer, avoue à Jack qu'il connaît l'identité du meurtrier de Simon Flet et lui demande de l'accompagner à Londres.

Avis : 5/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5


Première prise de contact avec Peter May pour ma part, tout en sachant qu'il avait accouché de deux trilogies policières fortement appréciées par les critiques. Les fugueurs de Glasgow étant totalement indépendant, j'ai tenté l'aventure ; et j'ai drôlement bien fait !

L'histoire est très classique, banale à suivre. L'auteur s'est d'ailleurs inspiré de sa propre fugue pour dépeindre ce voyage. Des adolescents ayant chacun leurs propres difficultés, l'un d'eux rencontre un problème majeur et désire vivre son rêve plutôt que d'affronter ses parents. Ayant tous une volonté d'ailleurs, ils vont le suivre par amitié, voire par intérêts. Et les voilà partis pour un périple qui ne laissera personne indemne tant l'expérience sera douloureuse.

J'ai adoré les marquages clairs entre les membres de cette troupe. Ils sont tous bien définis, possèdent leur propre voix, leur propre idée de leur existence future. Même les personnages secondaires remplissent ces critères. Et pourtant, rien qui ne sort trop de l'ordinaire ; Peter May a vraiment fait dans une réelle simplicité.

Idem pour les décors du Royaume-Uni, de très belles cartes postales. L'auteur n'hésite à rentrer dans des détails sordides, quoique sûrement non fictifs, qui nous amènent encore plus profondément dans son voyage.

Sans vouloir créer un spoiler alert !, l'intrigue reste terre à terre et Peter May a réussi à attirer l'attention sur autre chose qu'un petit crime. J'ai davantage été attiré par le parallèle des deux fugues que par la résolution du crime. Le tout m'a un peu fait penser au film Sleepers, mais uniquement au niveau de l'ambiance et de la construction.

Pour un Ecossais, Peter May a su éveiller des émotions à chaque page, sans faire dans l'incroyable pour choquer ou provoquer. Il ne m'est apparu que des sentiments purement humains envers une aventure humaine singulière.

Les fugueurs de Glasgow de Peter May m'a vraiment bluffé en bien, et je n'hésiterai pas à le conseiller.

Millenium 4 : Ce qui ne tue pas, D. Lagercrantz

Ce qui ne me tue pas, de David Lagercrantz (SW), Editions Actes sud, 2015
D'après les personnages créés par Stieg Larsson

Synopsis : 
Quand Mikael Blomkvist reçoit un appel d'un chercheur de pointe dans le domaine de l'intelligence artificielle qui affirme détenir des informations sensibles sur les services de renseignement américains, il se dit qu'il tient le scoop qu'il attendait pour relancer la revue Millénium et sa carrière. Au même moment, une hackeuse de génie tente de pénétrer les serveurs de la NSA...

Dix ans après la publication en Suède du premier volume, la saga Millénium continue.

Avis : 5/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5

David Lagercrantz, auteur de la biographie du footballeur Zlatan Ibrahimovic, s'attaque à un morceau intouchable en Suède : la saga Millenium du tristement regretté Stieg Larsson. A l'annonce de cet événement, j'avais la plus grand crainte ! Oser toucher à un tel chef-d'oeuvre est risqué, voire même criminel si on l'esquinte !!! S'il y a quelques mois j'avais décidé de bouder cette sortie, les divers articles et interviews ont eu raison de moi et me voilà replongé dans cet univers fascinant.

Une des nombreuses forces de Millenium réside dans ses personnages ; quel plaisir de retrouver ma chère et intrépide Lisbeth, ce brave Mikael, l'équipe du journal, Jan Bublanski et Sonjy Modig ! Avec de tels appuis, Lagercrantz ne pouvait que bien se plonger dans l'aventure, cette partie du travail lui ayant été mâché préalablement. Bien entendu, d'autres personnages ont fait leur apparition et tous m'ont plu avec leur propre crédibilité et voix affûtées. 

Si une infime partie du roman se trouve aux USA, tout le reste est rattaché à la Suède et sa capitale. A nouveau, on frissonne dans le climat glacial de Stockholm qui joue un rôle important. 

Le fil rouge de l'histoire est somme toute assez banale et moins intrigante et envoûtante que les trois romans précédents. Il faut avouer que passer après Stieg Larsson relève presque du masochisme ! Mais l'auteur s'en est bien sorti si l'on refuse de chercher un point de comparaison avec Larsson. La trame est bien ficelée, le piège tendu idéalement et l'on suit les diverses péripéties avec délectation. Lagercrantz a su maîtriser divers thèmes pour contenter tout le monde : la sociologie, le hacking, l'histoire, l'espionnage, le crime organisé, le journalisme, l'autisme, les mathématiques, entre autres.

Côté émotionnel, Ce qui ne me tue pas  demeure complet. On passe facilement par tous les états d'âme ! Du suspens, du crime, de l'affect, de l'amour, des interrogations, etc. Grâce à ces derniers aspects, on lit ce roman sans s'arrêter, sans voir les pages se tourner, en espérant que, durant la nuit, d'autres viendront s'y ajouter pour qu'il ne se termine jamais.

L'attente de la suite de Millenium fut longue, insoutenable, mais cela valait bien la peine de patienter ! Lagercrantz n'a pas à rougir de sa prestation magistrale qui nous permet de retrouver un univers dont il est difficile de se défaire. Vivement la suite, avec un plaisir démesuré, comme à chaque fois qu'on évoque cet alien littéraire.

Pandemia, F. Thilliez

Pandemia, de Franck Thilliez (FR), Fleuve noir, 2015

Synopsis :
" L'homme, tel que nous le connaissons, est le pire virus de la planète. Il se reproduit, détruit, étouffe ses propres réserves, sans aucun respect, sans stratégie de survie. Sans Nous, cette planète court à la catastrophe. Il faut des hommes purs, sélectionnés parmi les meilleurs, et il faut éliminer le reste. Les microbes sont la solution. "

Après Angor, une nouvelle aventure pour Franck Sharko et Lucie Henebelle. Et l'enjeu est de taille : la préservation de l'espèce humaine.

Avis : 5/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5

Franck Thilliez vient de frapper un grand coup avec cette oeuvre magistrale, sans doute sa meilleure à ce jour. Si auparavant je le définissais comme un très grand auteur, force est de constater qu'il faut revoir ma copie et l'inscrire au tableau des Grand Maitres des thrillers.

Si certains des personnages nous sont déjà connus, leur évolution n'en reste pas moins intéressante. Sans dévoiler une partie de l'intrigue, je dirais que Sharko et Bellanger, tous deux des borderlines, ont su attirer toute ma sympathie ; surtout le second, car... Lucie m'a quand même manqué, présence diminuée en raison de l'intrigue principale. Les méchants ont eux aussi eu droit à un lifting précis de l'auteur qui nous de temps à autre quelques miettes à picorer avant un nouveau chapitre.

Les différents lieux et scènes aident un univers assez glauque parfois. Leurs descriptions sont parfaitement synthétiser, de quoi bien jongler entre elles, les dialogues et les pensées.

Ce qui m'a le plus plu dans Pandemia, c'est le fil rouge. La construction a juste été façonnée de manière à nous emporter à la page d'après, et ainsi de suite. Tard dans la nuit - tôt le matin - alors que je sentais le sommeil approché, je me levais pour prendre un verre, histoire de reprendre mes esprits et surtout, pour avoir l'occasion de lire encore un peu. La suite, toujours la suite. Et comme l'auteur adore terminer ses chapitres par des cliffhangers, le chapitre suivant suivre automatiquement.

Thilliez joue bien de nos émotions et n'hésite pas à malmener ses personnages, même les principaux. Les scènes sont parfois si déroutantes qu'on en ressent un dégoût profond.

Pandemia s'inscrit donc logiquement comme un véritable coup de coeur, un roman que je ne suis pas près d'oublier tant je l'ai dévoré !

Divergente, par Quatre, V. Roth

Quatre, de Veronica Roth (US), Nathan, 2015

Synopsis :
Les fans de la série divergente seront ravis par quatre: cinq histoires courtes, "Le transfert», «L'Initié", "Le Fils", "Le Traître" et "Quatre gratuit", qui explorent l'univers de la série à travers les yeux du mystérieux mais charismatique Tobias Eaton, révélant des facettes inconnues de sa personnalité, les trames de fond et ses relations.

Nous sommes quelques années avant que Tris ne vienne bouleverser le système des factions. Lors de la cérémonie du Choix, un jeune Altruiste se dresse contre sa famille et choisit de quitter sa faction pour rejoindre celle des Audacieux. Il abandonne son prénom, Tobias, et devient Quatre. Une nouvelle vie s'offre à lui, faite de liberté, mais aussi de dangers. Car ce qu'il découvre chez les Audacieux est propre à mettre en péril son avenir, et celui de la ville tout entière.

Deux ans plus tard, Quatre est en charge de l'initiation des novices. La première à relever le défi, la première à se jeter dans le vide, est une jeune Altruiste ; elle se prénomme Tris et pourrait bien être celle qui va changer sa vie…

Un tome spin-off raconté du point de vue de Quatre, le héros masculin de DIVERGENTE, qui commence avant les événement du TOME 1 jusqu'à sa rencontre avec Tris.

Avis : 5/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 4/5
Globale : 5/5

Comme l'explique bien Veronica Roth en préambule, à la base, Divergente devait avoir comme personnage principal Quatre. Changeant d'avis pour la jeune Tris, l'auteure a toutefois gardé son premier jet.

Et le voici ! Tout commence par Quatre en Tobias Eaton, un Altruiste sous la violence de son père juste avant la cérémonie du choix. Il y a comme un air de déjà-vu...
Pourtant, l'histoire prend dès lors un tout autre chemin et on se fait vite entraîner dans la nouvelle vie tumultueuse de Quatre, de ses conflits intérieurs, familiaux et de ses camarades Audacieux.
En faisant parler la voix de Quatre, Veronica Roth nous délivre quelques précieuses informations en ajoutant parfois quelques clins d'oeil. En tant que nostalgique de cette trilogie, ce nouvel opus ne fait que confirmer la magie de Divergente. S'il ne révolutionne absolument pas la saga, ce livre a le mérite de nous emmener à nouveau dans ce sombre Chicago.