Rêver, F. Thilliez

Rêver, de Franck Thilliez (FR), Fleuve noir, 2016

Synopsis :
« Pour la plupart des gens, le rêve s’arrête au réveil. »

Si ce n’étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d’Abigaël qu’elle est une femme comme les autres.
Si ce n’étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu’Abigaël dit vrai.

Abigaël a beau être cette psychologue qu’on s’arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l’emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l’un de l’autre, elle n’a pas trouvé mieux que la douleur.


Comment Abigaël est-elle sortie indemne de l’accident qui lui a ravi son père et sa fille ? Par quel miracle a-t-on pu la retrouver à côté de la voiture, véritable confetti de tôle, le visage à peine touché par quelques bris de verre ? Quel secret cachait son père qui tenait tant, ce matin de décembre, à s’exiler pour deux jours en famille ? Elle qui suait sang et eau sur une affaire de disparitions depuis quelques mois va devoir mener l’enquête la plus cruciale de sa vie. Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même.

Avis : 5/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5

A force de lire les ouvrages de Franck Thilliez, il ne peut venir qu'un seul mot : dithyrambique ! Pavé après pavé, on se dit qu'il a atteint l'apogée de ce que l'on peut faire, et que forcément, le livre suivant nous décevra un jour ou l'autre. Pourtant, il ne cesse de repousser les limites du possible. Avec Rêver, il a osé mettre de côté ses nombreuses références scientifiques pour s'attaquer à la psychologie humaine. Virage réussi avec succès.

Dire qu'il nous balade serait un doux euphémisme ! De nombreux personnages nous jouent ici un sale tour, tout comme le scénario qui nous jette de la poudre aux yeux. L'héroïne rêve-t-elle ? Est-elle simplement folle à lier ? Son entourage fait-il tout pour la mettre en HP ? Qui est vraiment de son côté ? Ses cauchemars ont-ils un réel sens ? Et quid de cette mémoire qui s'efface et s'étiole chaque fois qu'elle prend son traitement ?

Le fil chronologie est lui aussi un élément qui brouille les pistes, tout comme les jours que le personnage principal ne vit pas. Et pourtant...

Il est dur sinon impossible d'émettre une grande critique sans spoiler ce thriller qui nous empêche de dormir. Il faut juste savoir qu'il a tous les bons côtés pour nous rendre accrocs, page après page, et ce jusqu'à la 600ème. Quand vous l'aurez fini, Franck Thilliez vous donnera encore une énigme à résoudre sur son site pour mieux approcher ce roman.

Bien plus qu'un livre, il s'agit là de recevoir une vraie addiction plein les mirettes ! 

Le coma des mortels, M. Chattam

Le coma des mortels, de Maxime Chattam (FR), Albin Michel, 2016

Synopsis :
Qui est Pierre ? Et d’ailleurs, se nomme-t-il vraiment Pierre ?
Un rêveur ? Un affabulateur ? Un assassin ?
Une chose est certaine, on meurt beaucoup autour de lui.
Et rarement de mort naturelle.

Rebondissements incessants, métamorphoses, humour grinçant… un livre aussi fascinant que dérangeant, en quête d’une vérité des personnages qui se dérobe sans cesse.
Un roman noir virtuose dont l’univers singulier n’est pas sans évoquer celui d’un cinéma où David Lynch filmerait Amélie Poulain.

Avis : 5/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5

Maxime Chattam prend une place énorme dans ma bibliothèque étant donné que j'ai tous ses romans. On y trouve des thrillers, de la SF et du roman depuis peu. Le coma des mortels fait partie de la dernière catégorie.

On annonçait de l'humour noir, grinçant, on allait même à le comparer à David Lynch, réalisateur de génie (mais zéro, pour certains) ! Autant le dire tout de suite : personnellement, j'ai adoré ce roman tantôt noir que joyeux, gore que sentimental. Parfois, j'y ai trouvé un semblant de romantisme, preuve du bienfait de Faustine Bollaert dans la vie de Maxime Chattam ;-)

De quoi nous parle son dernier roman ? D'un homme vraiment étrange, pour ne pas dire inquiétant par instants. Sans tout dévoiler, sachez qu'il se permet de doper des animaux au zoo, ou également de faire des numéros de téléphone au bol juste pour parler un moment à un-e inconnu-e. Vous voyez donc le type de personnage loufoque, fraîchement sorti d'une dépression abyssale, nous fait-il croire. Encore un détail : tous ceux qui s'approchent de lui meurent tragiquement. A moins qu'il ne les tue lui-même, allez savoir.

Le roman est écrit à la première personne, tout ce que je déteste. Pourtant, il n'aurait pas été possible de l'être autrement...

Ce livre est truffé de comparaisons et métaphores dignes de l'humour d'un Gaspard Proust, de références à notre société qui part en vrilles. 

Et puis, pour ceux qui ne l'auraient pas compris, la solution ultime avouée par l'auteur se trouve en tout fin de livre, mais il faudra gratter la moindre et ne pas faire le faignant en déclarant bêtement : "Ben j'ai rien compris !"

Maxime Chattam s'illustre une nouvelle fois dans un autre registre littéraire. Une oeuvre de son niveau, en parfait amoureux des lettres, des mots, de cet ensemble dont il sait si bien jouer ! A lire au plus vite !

Le dompteur de lions, C. Läckberg

Le dompteur de lions, de Camilla Läckberg (SW), Editions Actes sud, 2016

Synopsis :
C'est le mois de janvier et un froid glacial s'est emparé de Fjällbacka. Une fille à demi nue, surgie de la forêt enneigée, est percutée par une voiture. Lorsque Patrik Hedström et ses collègues sont prévenus, la jeune fille a déjà été identifiée. Il s'agit de Victoria, portée disparue depuis quatre mois. Son corps présente des blessures qu'aucun accident ne saurait expliquer : ses orbites sont vides, sa langue est coupée et ses tympans percés. Quelqu'un en a fait une poupée humaine. D'autres cas de disparitions dans les environs font redouter que le bourreau n'en soit pas à sa première victime.
De son côté, Erica Falck commence à exhumer une vieille affaire pour son nouveau bouquin. Une femme purge sa peine depuis plus de trente ans pour avoir tué son mari, un ancien dompteur de lions, qui maltraitait leur fille avec sa complicité passive. Mais Erica est persuadée que cette mère de famille porte un secret encore plus sombre. Jonglant entre ses recherches, une maison en perpétuel désordre et des jumeaux qui mettent le concept de l'amour inconditionnel à rude épreuve, elle est loin de se douter que pour certains, l'instinct maternel n'a rien de naturel...

Avec ce neuvième volet de la série Fjällbacka, Camilla Läckberg signe un polar crépusculaire et violent. La reine du noir nordique s'y montre plus indomptable que jamais.

Avis : 5/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5

Lire le dernier Camilla Läckberg, c'est comme passer au restaurant et commander un filet de boeuf sauce morilles : c'est beau, parfait, savoureux, à déguster avec patience en profitant de chaque bouchée car on n'en a pas tous les jours. Et bien sûr, c'est incomparable !

Avant de poursuivre, rappelez-vous bien que mon intégrité est à revoir lorsqu'il s'agit de Miss Polar de Suède, parce qu'il s'agit là de ma muse littéraire.

Des destins croisés, passionnants et renversants ; un chassé-croisé passé-présent fidèle à ses habitudes, une enquête qui piétine devant des faits troublants et franchement très moches. Avec son tandem Hedström/Falck à bout de patience à cause de leurs progénitures, l'aventure est assurée. L'évolution des personnages avec leurs hauts et bas ajoutent du piment à ce menu frugal !

A nouveau, une perle polie avec soin, un neuvième roman dont on ne peut se lasser. Camilla Läckberg et Actes Sud, un mariage blindé de succès pour des décennies !

Gataca, F. Thilliez

Gataca, de Franck Thilliez (FR), Fleuve noir, 2011

Synopsis :
Quel lien entre onze psychopathes gauchers et l'homme de Cro-Magnon ? 
Alors que Lucie Henebelle peine à se remettre de ses traumatismes, l'ex-commissaire Sharko se voit relégué à des enquêtes de seconde zone. Telle la découverte du corps de cette jeune scientifique, battue à mort par un grand singe. 
À nouveau réunis pour le pire, les deux flics plongent aux origines de la violence, là ou le génome humain détermine son avenir : l'extinction.
Bienvenue à GATACA...

Avis : 5/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5

A la fin de son ouvrage Le Syndrome EFranck Thilliez matraque le happy end, invitant le lecture à découvrir la suite. Dans Gataca, tout se passe une année après ces tragiques événements. 

Gataca... et les fameuses lettres G T C A bien connues. L'auteur sinue à merveille avec la génétique, les virus, Cro Magnon, Néandertal, la latéralité de criminels hyper violents. Cela fait à présent trois jours que j'ai fini ce roman, à la recherche d'un point négatif. En vain.

On y retrouve Henebelle et Sharko, les deux flics torturés. Tous les acteurs sont attirants et amènent de l'eau au moulin.

Le trame se passe en plusieurs étapes capitales, avec des rebondissements poussant le lecteur à tourner inlassablement les pages. Un chef-d'oeuvre littéraire qui ne peut pas laisser qui que ce soit indifférent. La maîtrise du récit et des éléments d'énigmes rendent ce bouquin plus qu'attrayant. Sans doute son meilleur roman, le plus abouti et complet.

Un page-turner qu'on ne demande qu'à être imité encore et encore tant la qualité paraît incommensurable !

L'emprise du passé, C. Link

L'emprise du passé, de Charlotte Link (DE), Les Presses de la Cité, 2016

Synopsis : 

2001. Un garçonnet, qui vient de fêter ses cinq ans, essaie son vélo flambant neuf sur une petite route de campagne toujours très tranquille. Tout joyeux, il appuie à fond sur les pédales... 2014. Kate Linville, enquêtrice à Scotland Yard, ne s'est toujours pas remise du meurtre atroce de son père, l'inspecteur Richard Linville, perpétué dans sa maison de Scarborough trois mois plus tôt. L'enquête piétine et Kate décide de prendre cinq semaines de congés pour régler la succession et peut-être trouver le criminel...

Avis : 5/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5


Charlotte Link m'avait un peu laissé de marbre avec La vallée du renard. C'est donc avec un a priori négatif que j'ai attaqué la lecture de ce roman notifié comme thriller.

Autant dire que ce livre-là m'a énormément plu ! La qualité de tous les points semblent pointer vers leur maximum. Nous avons des personnages très attachants, bien distincts, qu'on aime suivre avec la volonté de savoir ce que l'auteure leur a réservé. S'ils sont assez nombreux, rien ne dérange. Il n'y a ni trop ni pas assez de dialogues, les échanges sont bien variés avec une narration classique.

Cette petite pépite recèle bien des richesses au niveau émotionnel. Deux enquêtes en parallèle, couplées à un premier chapitre qu'on cherche à attacher à l'une des histoires, et voilà une belle pelote de laine bourrée de noeuds qu'il faut savoir défaire. La construction du texte est riche de par sa structure, un excellent thriller dont on ne peut pas sortir totalement indemne.