Le vide, P. Senécal

Le vide, de Patrick Senécal (CAN), Fleuve noir, 2016

Synopsis :

Plus loin vous repousserez les limites, plus longue sera la chute… dans le vide.

Vivre au max. C’est le nom de l’émission de télé-réalité de Max Lavoie. Le milliardaire a tout quitté, liquidé pour se lancer dans son projet. La première saison a défrayé la chronique, choqué les âmes sensibles et s’est attiré les foudres de la commission de censure. En proposant de réaliser en direct les rêves les plus fous des participants, Max a frappé un grand coup. La saison 2 débute et promet encore plus de sensations fortes à un public ébahi.

Tout semble possible, sans limites. Alors qu’est-ce que les participants vont demander au présentateur philanthrope ? Quel fantasme délirant ? Quel ultime grand frisson ?

Attention mesdames et messieurs, plus loin vous repousserez les limites, plus longue sera la chute… dans le vide.

Avis : 5/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5

Attachez bien votre ceinture ! Parce que là, après Hell.com, Patrick Senécal nous offre encore un livre très dérangeant, atroce, d'une violence assumée. Après deux chapitres, il faut déjà faire une pause tant on se sent mal à l'aise devant un tel spectacle.

Dans le même esprit, dans le fond, de "God bless America", on suit divers personnages ; des dépressifs sévères, un milliardaire loufoque ne trouvant sens à sa vie, un flic adorant une émission de téléréalité douteuse, sa fille renfermée à raison, un psychiatre nettement plus fou que ses patients, et j'en passe.

Dans la chronicité des événements, on suit leur lente descente en enfer ; car c'est bien là qu'ils vont se retrouver !

Un roman jouissif au paradigme assumé, une critique de la société actuelle poussée à l'extrême, un vide sidéral et des destins funestes : voilà le rendez-vous que vous propose "Le vide".

Autre-Monde : Genèse, M. Chattam

Autre-Monde : Genèse de Maxime Chattam (FR), Editions Albin Michel, 2016

Synopsis :

Traqués par l'empereur et par Entropia, Matt, Tobias, Ambre et les leurs doivent fuir et rallier des terres inconnues pour s'emparer du dernier Cœur de la Terre avant qu'il ne soit détruit. Mais le monde souterrain qu'ils découvrent ne grouille pas seulement de dangers. Il recèle d'incroyables révélations. La guerre est proche. Les sacrifices nécessaires. L'ultime course-poursuite est déclarée. Autre-Monde s'achève et livre enfin tous ses secrets.

Avis 5/5
Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5

D'emblée, je me vois dans l'obligation de citer LE point négatif de Genèse : c'est la fin de l'aventure Autre-Monde !!! Ouin-ouin-ouin !!!
C'est une page qui se tourne pour cette merveilleuse série qui a tenu les fans en haleine durant presque neuf ans.

A nouveau, pour cet ultime opus, on y retrouve tous nos personnages sympathiques, et également les méchants, la force obscure. Enfin, le dénouement du dernier coeur de la Terre tombe, et on se délecte de la grand bataille finale avec quelques surprises tout de même.

Il est dur d'émettre un jugement sans spoiler, donc mieux vaut s'arrêter ici sans quoi, un élément des six premiers volumes pourraient être bêtement lâché.

Bravo à Maxime Chattam pour cette saga, et un infini et profond merci ! 

Anonymous, Anon.

Anonymous : Souviens-toi du 5 novembre, de Anonyme, Pygmalion-Gérard Watelet Editions, 2016

Synopsis :

1605.
Guy Fawkes tente de faire sauter le palais de Westminster le jour de l'ouverture de la Chambre des lords.

5 novembre 2020.
Le groupe Anonymous diffuse sur l'ensemble des chaînes télévisées du monde entier un message étrangement menaçant : « Nous sommes Anonymous. Nous sommes légion. Nous n'oublions pas. Nous ne pardonnons pas. Redoutez-nous. Souviens-toi du 5 novembre ! » Le monde est sur le point de basculer. Quatre siècles de conspirations vont trouver leur conclusion. Quatre siècles de luttes entre le Pouvoir et les servitudes qu'il impose, et les Anonymes et la liberté qu'ils défendent. De Shakespeare à John Lennon en passant par Charles Manson, l'Histoire appartient au complot. Ces personnalités étaient-elles des Anonymes ou des esclaves du Pouvoir ?

L'auteur de cette fiction a préféré garder l'anonymat. De nos jours, où le réel se mêle au virtuel, on a de plus en plus de mal à distinguer l'information de la propagande, la vérité de l'illusion. En taisant son nom, l'instigateur de cette histoire rend hommage au mouvement dont il s'est inspiré.

Avis 5/5
Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5

Il y a tant à dire sur ce roman... Par où commencer ? Déjà, il ne s'agit ni d'une enquête de terrain, ni d'une fiction tournant autour de V pour Vendetta.

L'auteur anonyme a su tisser des liens très audacieux entre des faits historiques séparés par quatre siècles. Il fallait oser, il l'a fait, et l'exercice est bien réussi. Après, on y adhère ou pas, c'est selon ses croyances. Que dire également des parallèles tirés entre les Anonymous tels que nous les connaissons et ce cher Shakespeare ! 

Deux forces s'opposent au long du récit : un groupe libertaire, Anonymous, et une société ultra-dominante, Octopus. L'affrontement se rapproche au fur et à mesures que des données secrètes tombent ; un mode d'emploi pour tout anarchiste du web, le projet MK-Ultra de la CIA avec le phénomène Mandchou, etc. Entre Octopus, bien hiérachisé, et les Anonymous décentralisés, la guerre fait rage. Parmi les soldats, des Manchous de tout bord, un gosse asocial de treize ans parano qui manie Internet à sa guise, un vieillard bon à enterrer se réclamant père des Anonymous, deux hackeuses en compétition et un journaliste fainéant qui n'y comprend plus rien !

En fait, j'essaie de vous faire comprendre que c'est un livre à ranger précieusement dans sa bibliothèque ! Il vous tient en haleine non-stop, les chapitres sont courts, la lecture fluide. Tous les ingrédients réunis pour en faire une belle pépite !

Nous sommes Anonymous,
Nous sommes légion,
Nous n'oublions pas,
Nous ne pardonnons pas,
Redoutez-nous !
Souviens-toi du 5 novembre

Le sang du monstre, A. Land

Le sang du monstre, de Ali Land (UK), Sonatine, 2016

Synopsis : 
Après avoir dénoncé sa mère, une tueuse en série, Annie, quinze ans, a été placée dans une famille d’accueil aisée dans un quartier huppé de Londres. Elle vit aujourd’hui sous le nom de Milly Barnes et a envie, plus que tout, de passer inaperçue. si elle a beaucoup de difficultés à communiquer avec ses camarades de classe, elle finit néanmoins par se prendre d'affection pour une ado influençable du voisinage. Sous son nouveau toit, elle est la proie des brimades de Phoebe, la fille de son tuteur, qui ignore tout de sa véritable identité. À l’ouverture du procès de la mère de Milly, qui fait déjà la une de tous les médias, la tension monte d’un cran pour la jeune fille dont le comportement va bientôt se faire de plus en plus inquiétant.

Avis : 4.8/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 4/5

Un combo qui va faire un terrible bruit : Ali Land et Le sang du monstre. Il faut bien reconnaître une chose aux Editions Sonatine : leur perpetuelle recherche d'un auteur pervers. Avec cette jeune Brittanique, ils ont fait mouche !

Annie, alias Milly, a su jouer son double rôle à merveille. Entre manipulations, colères intérieures et questionnement sur l'héritage que lui a laissé sa tueuse en série de mère, l'adolescente nous pousse à l'empathie. Elle est mignonne, très intelligente, travailleuse à l'école, serviable. Elle a tant souffert, pauvre victime. De plus, Phoebe, la fille de son tuteur, est une peste qui la met de côté et la brime à la moindre occasion. Pourtant, sous l'ange se cache une manipulatrice diabolique...qu'on aime tant.

Voilà le pari réussi par Ali Land ! Des personnages qu'on apprécie ou déteste, des situations telles vingt craies crissant au tableau noir. 

Un roman idéal, parfait, original, où l'émotion est constante et changeante d'une ligne à l'autre, jusqu'au dénouement.

Seul point d'ombre, mais il ne s'agit que d'une question de goût, le style littéraire utilisé pour citer les narrations.

Sinon, rien à redire tant le paquet est bien ficelé, et le piège bien préparé.

Inch'Allah, G. Sinoué

Inch'Allah, de Gilbert Sinoué (EG), Flammarion, 2014

Synopsis : 
1916-2001. Au coeur du Moyen-Orient, quatre familles -une égyptienne, une irakienne, une israélienne et une palestinienne - vont traverser les événements tragiques du XXe siècle, au cours duquel la puissance de certains États a asservi des pays et des communautés qui vivaient jusqu'alors dans la tolérance et la paix.
Personnages tout à la fois courageux, fragiles, dignes et engagés, ils refusent le naufrage que l'Occident leur impose. Génération après génération, tous tentent de préserver la part d'humanité qui les anime. Mais entre la guerre des Six-Jours et celle du Kippour, l'embrasement du Liban et l'Intifada, y a-t-il encore une place pour l'amour ? Une Syrienne aussi passionnée qu'insaisissable et un Égyptien, une Palestinienne prête à tous les combats et un Israélien, vont essayer de le prouver, comme un défi à la folie des hommes.
Voici réunis, en un seul volume, les deux volets de cette fresque grandiose et romanesque.

Avis : 5/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5

Un titre pour l'union de ces deux livres qui fera peur à plus d'une personne, de nos jours ! Et pourtant, Gilbert Sinoué aurait pu le nommer autrement : Le Moyen et Proche-Orient pour les Nuls !

Presque un siècle s'est écoulé entre le début et la fin de ces quelques 850 pages. A travers bien des lieux (Palestine, Israël, Egypte, Syrie, Iran, Irak, Libye, Liban, Jordanie), on découvre l'extrême complexité de cette région du monde. Avec les points de vue divers des personnages très nombreux, on tente de démêler l'impossible afin de trouver un semblant de paix ; et essayer de comprendre l'impossible. Tout n'est pas aussi simple et binaire, comme tendraient à nous le faire croire les médias occidentaux.

Mêlant des acteurs fictifs à de véritables personnalités, l'auteur a su tisser un fil historique en pelote de laine tiraillée de toute part !

Tout y est réuni pour assurer une lecture claire et très riche ; y compris dans les notes en bas de pages ou les termes locaux présentés dans bien des langages.

Inch'Allah possède toutes les qualités pour celles et ceux qui aiment l'histoire ou l'ethnologie. Et également les curieux qui aiment approfondir leurs connaissances sur le Moyen et Proche-Orient.