Le sixième homme, M. Kristensen

Le sixième homme, de Monica Kristensen (NW), Editions Gaïa Polar, 2012

Synopsis :
Connaissez-vous Longyearbyen ? Un nom assez énigmatique pour cette capitale minuscule nichée dans l’archipel du Svalbard et plongée une grande partie de l’hiver dans la nuit polaire.
C’est dans cette obscurité qu’un lourd manteau neigeux peine à éclaircir que la petite Ella disparaît. Le jardin d’enfants est pourtant bien surveillé, mais les petits aiment chahuter et se cacher sous la maison, entre les pilotis. Un homme rôde qui les observe. Des traces de pas dans la neige mènent droit à la mine de charbon. Située sur les hauteurs de la ville, cette mine est le centre de gravité de l’île. Chacun connaît dans son entourage un ou plusieurs de ses employés. Comment une si petite ville, d’à peine 2 000 habitants, pourrait longtemps cacher un criminel ?
Monica Kristensen choisit pour son roman un cadre qu’elle connaît comme sa poche. Aucune des particularités du Svalbard n’est éludée : la vie en petite communauté et l’absence d’anonymat, la rudesse du climat polaire, les dangers du travail à la mine et la précarité sociale de ses employés, l’omniprésence des ours et les sorties de pêche dans les glaces. On y est jusqu’au bout des moufles, et l’intrigue n’en est que plus palpitante !

Avis : 5/5
Monica Kristensen, un nom inconnu qui, après cinquante pages, s'est trouvé un nouvel adepte en ma personne ! Mon coup de coeur 2012 !
Si elle a désiré ne pas mettre le focus sur l'enquêteur en poste, elle a su rendre l'archipel du Svalbard bien plus que somptueuse. Les décors de cartes postales sont au rendez-vous, accompagnés des mentalités locales, là où le soleil n'apparait que huit mois de l'année.
Une intrigue palpitante !

Les aventures d'Anders Knutas, M. Jungsted

 

 

 

  

Celui qu'on ne voit pas (2010) ; Les ombres silencieuses (2011) ; Le cercle intérieur (2011)

de Mari Jungsted (SW), Editions Le Serpent à plumes

Synopsis T.1 :
Après s’être disputée avec son compagnon lors d’une fête dans leur maison de campagne, Helena Hillerström sort promener son chien le long de la plage. Bientôt, cernée par un épais brouillard, elle sent qu’on la suit. Quelques heures plus tard, elle est retrouvée morte, tuée à coups de hache. Frida Lindh, une jeune mère de trois enfants, quitte le bar où ses amies et elle se rencontrent régulièrement. Malgré la nuit et les quelques verres de vin qu’elle a bus, elle prend son vélo pour rentrer à la maison. Les rues sont désertes. Elle est seule. Non. Pas seule. Une ombre la suit. Celui qu’on ne voit pas. Le commissaire Anders Knutas et son équipe mènent une longue et difficile enquête sous la pression des médias. Quel est le lien entre ces deux jeunes femmes ? Knutas doit au plus vite découvrir le mobile du meurtrier avant que celui-ci ne frappe de nouveau.

Avis : 5/5
Auteur découvert par hasard, et trois romans mangés en très peu de temps. Sans être une magicienne du polar, Mari Jungsted a su m'intriguer sur tous les plans de ses écrits. 
Si les personnages ont l'air bâclés, il faudra surtout s'arrêter sur la construction littéraire ainsi que sur les descriptions des paysages.

L'amour dure trois ans, F. Beigbeder

L'amour dure trois ans, de Frédéric Beigbeder (FR), Editions Gallimard, 2001

Synopsis :
"Au début, tout est beau, même vous. Vous n'en revenez pas d'être aussi amoureux. Pendant un an, la vie n'est qu'une succession de matins ensoleillés, même l'après-midi quand il neige. Vous écrivez des livres là-dessus. Vous vous mariez, le plus vite possible - pourquoi réfléchir quand on est heureux ? La deuxième année, les choses commencent à changer. Vous êtes devenu tendre. Vous faites l'amour de moins en moins souvent et vous croyez que ce n'est pas grave. Vous défendez le mariage devant vos copains célibataires qui ne vous reconnaissent plus. Vous-même, êtes-vous sûr de bien vous reconnaître, quand vous récitez la leçon apprise par coeur, en vous retenant de regarder les demoiselles fraîches qui éclairent la rue ? La troisième année, vous ne vous retenez plus de regarder les demoiselles fraîches qui éclairent la rue. Vous sortez de plus en plus souvent : ça vous donne une excuse pour ne plus parler. Vient bientôt le moment où vous ne pouvez plus supporter votre épouse une seconde de plus, puisque vous êtes tombé amoureux, d'une autre. La troisième année, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle : dégoûtée, votre femme vous quitte. La mauvaise nouvelle : vous commencez un nouveau livre. "

Avis : 5/5
Ce petit chef-d'oeuvre, très court mais intense, m'a bercé durant bien des jours. Il s'agit de ma première lecture de cet auteur. Au lieu de le lire avec avidité en me rongeant les ongles, en mode thriller, j'ai pris l'option de la dégustation.
J'ai bien dit à tant de reprises... comment ne pas être d'accord avec l'auteur ?
Petite cerise sur le gâteau : le script du film en seconde partie.
Finalement, en le plaçant délicatement sur un meuble, je me suis fait cette réflexion : "Merde, on devrait mettre L'amour dure trois ans comme livre de chevet dans les hôpitaux psychiatriques pour les patients venus soigner leur dépression amoureuse ; ce qui sera plus efficace que leurs fichus neuroleptiques. Mieux encore, en pharmacie, comme moyen de contraception. Ou alors, dans les mairies, pour prévenir les mariés du malheur qui les attend..."
Vous l'aurez compris, une petite dose d'humour, un brin de cynisme et un auteur déjanté = un bonheur qui, lui, durera bien plus que trois ans !

Un père idéal, P. Cleave

Un père idéal, de Paul Cleave (NZ), Editions Sonatine, 2011

Synopsis :
Jack Hunter a longtemps été un bon époux et un père idéal. Un homme bien sous tous rapports, hormis cette petite manie secrète et discutable : le meurtre violent de prostituées. Aussi son fils Edward ne s'attendait-il pas à ce que la police vienne un jour frapper à la porte de leur maison si tranquille pour arrêter le premier serial killer de l'histoire de Christchurch, Nouvelle-Zélande. Vingt ans plus tard, Edward est à son tour devenu un citoyen modèle. Comptable sans histoire dans un cabinet d'avocats de la ville, il a tout fait pour oublier et faire oublier ses sombres origines. Mais le jour où sa femme est sauvagement assassinée, c'est vers son père, toujours derrière les barreaux, qu'il va se tourner pour prendre conseil. Pourra-t-il faire autrement que de marcher sur ses traces ? L'instinct de tueur est-il vraiment héréditaire ? Autant de questions qu'Edward va devoir affronter durant une folle semaine qui verra sa vie bien rangée basculer dans l'horreur.

Avis : 5/5
Paul Cleave nous balade encore une fois dans une sombre histoire où le personnage principal est le fils d'un serial killer emprisonné. Lorsque sa femme est assassinée, Jack s'enfonce un peu plus dans ses questionnements. Va-t-il suivre son instinct de tueur ? Est-ce inscrit dans ses gènes ?

A travers une belle petite ville de Nouvelle-Zélande, l'auteur nous plonge dans un climat propice au sang.

Un employé modèle, P. Cleave

Un employé modèle, de Paul Cleave (NZ), Editions Sonatine, 2010

Synopsis :
Joe Middleton contrôle les moindres aspects de son existence. Célibataire, aux petits soins pour sa mère, il travaille comme homme de ménage au commissariat de police. Mais qui est-il vraiment… ? Des meurtres en série se succèdent, jusqu’au jour où un meurtre est commis sur le même mode opératoire que les siens mais, pourtant, Joe ne s’y reconnaît pas…Contrarié par ce coup du sort, il décide de mener sa propre enquête. 

Avis : 5/5
Dans un roman policier, on se trouve généralement du côté des gentils et nous les suivons sagement pour débusquer le coupable. 
Ici, c'est tout le contraire ; on se retrouve dans la peau de Joe, serial killer complètement déjanté, assumant ses actes et les justifiant. Le rôle lui colle à la peau, personne ne le voit, c'est un monsieur tout-le-monde inoffensif, un peu simplet. Pourtant, il arrive à construire des plans machiavéliques pour nourrir sa soif de tuer.
Un délice, teinté d'un humour noir et glacial !