GéoLab, D. Guirand

GéoLab, de Damien Guirand (FR), Les Editions l’Alchimiste, 2020

Synopsis :

Tony mène une vie des plus banales. Mais un soir, alors qu’il rentre tranquillement chez lui après une longue journée de travail, il découvre un homme mourant, blessé par balle. Juste avant de rendre son dernier souffle, l’inconnu lui confie une clé USB ainsi qu’une étrange supplication : divulguer au monde entier les données qu’elle contient. La vie de Tony va alors basculer dans le chaos… S’ensuivent une cavale et une série de révélations de plus en plus étranges et bouleversantes.

Qui sont les mystérieux hommes qui le poursuivent ? Quelles données ultra-sensibles renferme cette clé USB ? Qu’est-ce que le GéoLab ? Sans le savoir, Tony pourrait être en possession d’un moyen de changer le cours de l’Histoire…

Damien GUIRAND est né en 1987, en Savoie. Passionné de cinéma et de science-fiction, il dévore tout ce qu’il trouve à lire. Son appétit se mue rapidement en désir d’user de ses propres mots, dans ses propres histoires. Un jour, il met un terme à ses tergiversations, allume son ordinateur et plonge naturellement dans l’écriture. Il dessine alors des intrigues palpitantes et inquiétantes où se mêlent des thèmes propices à questionner le lecteur.

Avis : 4.4/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 4/5
Emotion : 4/5
Globale : 4/5

A la recherche d’une lecture avant le prochain Camilla Läckberg, je suis tombé par pur hasard sur ce roman qui m’a interpellé avec sa couverture. Le synopsis m’a parlé et j’ai foncé ! Sans regret !

J’ai bien aimé les personnages et voir leur évolution au fil des pages. Tony, un simple quidam, en quête perpétuelle de savoirs qui se retrouve malgré au premier plan d’un scénario peu adapté à lui. Heureusement, il est rapidement épaulé par un fataliste-né, un guide de survie, un prof avec une énorme culture générale, un compagnon de route guidé par son sempiternel « principe de précaution » : Robert Latulipe, alias Bobby. Le tandem fonctionne à merveille et se lance dans des diatribes passionnantes pour qui s’y intéressent. Sur leur route, ils vont trouver une communauté refermée sur elle-même et en marge de la société moderne. Là aussi, ces habitants, les « Hopiens », sont bien attrayants.
Face à eux, un groupe nommé « L’Assemblée » avec à leur tête un certain Diego Aurora, bien décidé à récupérer une clé USB contenant des informations explosives. Mais L’Assemblée ne compte pas se mouiller de la sorte et préfère utiliser les services du M.U.S.T., une armée de mercenaires dirigée par Conrad Tseket, un cerveau bourré d’idées ne connaissant pas la défaite. Dans ses rangs, des soldats biberonnés à l’adrénaline, à la traque et au sang.

Les décors varient entre le Québec et une partie des USA. Rien de spécial à signaler, hormis le fait que c’est réalisé sobrement et non envahissant.

La trame ne peut souffrir que d’une chose à mes yeux : une certaine lenteur. La cause ? Les dialogues. Pour ma part, j’ai totalement adhéré au travail de l’auteur. Les thèmes sont tellement variés qu’il me semble que des lecteurs s’y perdraient : philosophie, physique, écologie, anthropologie, économie, astronomie, médecine, informatique, et j’en passe. Fort heureusement, ces sujets me sont sensibles et je n’ai pas manqué la moindre ligne. Pour le reste, le périple ne m’a pas réellement surpris et est demeuré fidèle au genre. Un point très intéressant : la fin du roman. Sans spoiler, je dirais qu’elle fait (comme bien des pages de ce roman) beaucoup réfléchir. Une remise en question personnelle, humaine et philosophique.

GéoLab pousse l’intrigue à l’envi dès le départ. De la surprise, de la peine, de l’humour, de l’agacement, énormément de curiosité. Ce livre recèle de pépites.

Damien Guirand est un nom à retenir, sinon à suivre. La qualité de son ouvrage mérite réellement qu’on s’y attarde et ne venez pas me dire que « 500 pages, c’est long ! »  Quand c’est bien écrit comme ici, le temps ne s’écoule plus de la même vitesse.