Mörk, R. Jónasson

Mörk, de Ragnar Jónasson (IS), Editions de la Martinière, 2017

Synopsis :

Quand le crime à l’anglaise rencontre les terres gelées de l’Islande.
Cluedo au pays des fjords…

À Siglufjördur, à l’approche de l’hiver, le soleil disparaît derrière les montagnes pour ne réapparaître que deux mois plus tard. Ce village perdu du nord de l’Islande plonge alors dans une obscurité totale…
Le jeune policier Ari Thór veille sur la petite communauté sans histoires. Mais son collègue, l’inspecteur Herjólfur, est assassiné alors qu’il enquêtait aux abords d’une vieille maison abandonnée. L’illusion d’innocence tombe. Tous les habitants n’avaient-ils pas, au fond, une bonne raison de semer le chaos ? Elín, qui fuit un passé violent. Gunnar, maire du village, qui cache d’étranges secrets… Pour reconstituer le puzzle, il faudra aussi écouter cette voix qui murmure, enfermée derrière les cloisons d’un hôpital psychiatrique, et qui tient peut-être la clé de l’énigme.

Avis : 3.8/5

Personnages : 4/5
Décors : 5/5
Trame : 4/5
Emotion : 3/5
Globale : 3/5

Second volet de la série consacré au policier Ari Thór dans cette petite ville de Siglufjördur. Après la lecture de Snjór, il va sans dire que j’allais me pencher sur les autres romans de Ragnar Jónasson, surtout en cette période de confinement !

On attaque sec avec les personnages. Ari Thór a pris quelques années, sa situation familiale a bien évolué, en bien et en mal, alors que du côté professionnel il plafonne malgré le départ (très provisoire) de Tomas. Il n’a pas perdu son caractère bien trempé et on le sent plus à l’aise avec la communauté. Son supérieur, Herjólfur, disparaît rapidement mais c’est son ancien chef, Tomas, qui revient sur le devant de la scène. Le tandem est à nouveau formé ! Pour résoudre l’enquête sur le premier crime envers un flic en Islande, ils devront glaner des informations ici et là. Vers un vieux trafiquant de drogue manipulateur, un maire qui cache bien des choses, son adjointe de même. Et également une dame âgée, à qui un drame la ramène dans un lointain passé qu’elle croyait enfoui à tout jamais. Entre temps, on suit les péripéties d’un jeune homme enfermé en psychiatrie, qui pourrait détenir une précieuse clé. Comme dans son précédent roman, Jónasson a vraiment bien travaillé ses personnages.

Toujours un climat merdique à Siglufjördur, mais ça a l’air si beau ! En tout cas, les simples descriptions méritent la note maximale.

Je vous parlais pour Snjór du lien entre Ragnar Jónasson et Agatha Christie. Pour Mörk, exit le huis clos, on élargit un peu le périmètre, y compris pour les suspects. Et il y a deux enquêtes en parallèle, le lieu du crime ayant déjà été le théâtre d’une mort… étrange, voilà cinquante ans. Bien des personnages ont bien des choses à cacher !
Les chapitres sont courts, l’intensité ne faiblit jamais, on croit tenir le bon bout, puis non, enfin peut-être, oui mais celui-ci ment, celle-là cache quelque chose. Une fois que le roman nous a happés, aucune chance de s’en extirper indemne. L’auteur a suffisamment brouillé les pistes pour nous promener là où il veut.

La dernière page tournée, on respire mieux, enfin la délivrance lorsque les pièces du puzzle ont fini de s’imbriquer. Bien du suspense, bien des interrogations.

Avec MörkRagnar Jónasson s’invite à la table des excellents auteurs scandinaves ! Agatha serait fière de son élève.