Just 17, E. Green

Just 17, de Emma Green (USA), Editions Addictives, 2019

Synopsis :

Une lycéenne rebelle. Un professeur hipster. Un amour interdit. Onze ans les séparent. Mais la morale ne peut rien contre l’amour. Elle est bien plus que son élève. Il lui est formellement interdit. Elle a tout à apprendre. Il a tant à perdre… Elle n’a que 17 ans. Mais elle sait ce qu’elle veut : lui.

***
– N’avance plus.
– Pourquoi ?
– Tu n’es qu’une ado qui fantasme sur son prof. Je ne joue pas à ça, moi.
– Tu dis ça pour me blesser. Ou pour tester ma réaction. Mais je n’arrêterai pas…
– Il le faut, Lemon.
À sa voix qui devient un souffle, je devine qu’il tente de résister. De jouer au prof, à l’adulte, au type raisonnable qui ne va pas craquer. Mais son regard dit tant d’autres choses. Alors je continue. Je mange la distance entre nous, comme affamée. Mon cœur s’emballe, une douce chaleur se propage sous ma peau, la pulpe de mes doigts se met à fourmiller.Je le veux.
***

Just 17, d’Emma Green, histoire intégrale.

Avis : 4/5

Personnages : 5/5
Décors : 3/5
Trame : 4/5
Emotion : 4/5
Globale : 4/5

Lorsqu’on parle de romance, ou de même de roman feel-good, le nom d’Emma Green surgit obligatoirement. Du moins, c’est ce que j’ai pu lire par-ci par-là. Mais alors, comment cela se fait-il que je n’aie jamais aperçu la moindre page d’une de ses oeuvres ? Il fallait donc corriger cet imbroglio.

Lemon Chamberlain, une adolescente rebelle, anticonformiste, hyper attachante et franche vit dans un coin paumé de Louisiane. Pour cause familiale, elle emménage chez son oncle, Ezra, à Washington D.C. C’est un politicien riche, huppé, de la « haute » qui habite seul un énorme penthouse. Obligatoirement, la voilà étudiant à présent dans une prestigieuse école garnie d’ados plus riches les uns que les autres. Mais au milieu de ses enfants-à-papa, Lemon fait tâche, aussi bien par son caractère bien trempé que de son passé. Bientôt, des camarades viennent polluer sa scolarité : Arabella, Evangeline, Octavia, et surtout Griffin. Tout va mal pour elle, jusqu’au moment où elle découvre un prof d’histoire qui sort du lot, un certain Roman Latimer…
Il me fallait poser quelques jalons avant d’aller plus loin !
Sans dévoiler une révolution, Lemon et Roman sont les personnages centraux de ce roman. Lemon va avoir 18 ans, elle a un fichu caractère, indomptable, elle ne se laisse ni faire ni impressionner par ce nouveau monde dont elle ne maîtrise aucun code. Avec son vécu, son présent et le destin qui l’assaillent de toute part, on ne peut qu’éprouver une profonde empathie pour elle.
De même pour Roman qui n’enseigne pas dans cette école de riches pour le plaisir, mais uniquement pour le salaire mirobolant qu’on lui octroie. Est-il cupide ? Vraiment pas, car cet argent sera utile pour une chose plus importante, une question de vie ou de mort, même. Issu des bas-quartiers de D.C., il ne se plie pas à la bienséance en pénétrant dans l’aristocratie. Pas de chichi, il vient à mot, habillé en jeans, baskets, manches de chemises repliées sur ses tatouages.
Autour d’eux vont graviter Ezra, l’oncle de Lemon qui a connu quelques bisbilles avec Roman par le passé. Cet oncle cache un secret qui pourrait bien plomber sa carrière en politique.
Du côté de l’école, Arabella, la cousine de Lemon, sera d’une grande aide pour l’éviter de rentrer dans le jeu des autres étudiants. Et surtout du pire de tous, Griffin, un « Monsieur-J’ai-Le-Droit-A-Tout, pervers, impoli, provocateur et frimeur.

On passe du blanc au noir, et vice versa. D’un village paumé à une cage dorée donnant sur le Potomac. On ressent vite le parti pris par Emma Green qui critique ouvertement ce monde de la haute et qui prend le temps de nous faire apprécier les bons côtés de la ruralité.

Pour la trame, il n’est pas utile de se creuser la tête. On part de « A » et on se rend à « Z » en absorbant les autres lettres dans l’ordre. Pas de réelle surprise. Le roman défile et on suit cette relation interdite, l’évolution de Lemon dans ce monde sans pitié. Just 17 n’a pas un rythme effréné, mais pas de lenteur excessive non plus, le mots se suivent comme du miel sur du pain.

Personne ne voudrait être à la place de Lemon, vraiment personne, pas même ses deux meilleurs amis de Louisiane, Trinity et Caleb. Il faut y être né, dans ce monde, pour supporter ses règles ! Il y a de quoi être en colère face à ces injustices, ces provocations, la délation, ce défilés de faux-culs autocentrés et fils-à-papa. Seule une chose pouvait sauver l’héroïne : l’amour. Un amour pas sale, un vrai amour, même s’il demeure interdit. Celui qui provoque des frissons, de l’excitation rien qu’en l’imaginant. C’est si simple, soudain !

J’ai beaucoup aimé ce roman qui, s’il n’est pas non plus un chef-d’oeuvre, permet de passer de bonnes heures en excellente compagnie. Entre quelques polars bien glauques, Just 17 brille comme une lumière au milieu d’un ciel sans lune.