Une famille presque normale, M. T. Edvardsson

Une famille presque normale, de M. T. Edvardsson (SW), Sonatine, 2019

Synopsis :

Il n’existe pas de famille normale.

Faites connaissance avec la famille Sendell. Le père, Adam, est un pasteur respecté dans la petite ville de Lund, en Suède. Sa femme, Ulrika est une brillante avocate. Leur fille, Stella, dix-neuf ans, s’apprête à quitter le foyer pour un road trip en Asie du Sud-Est. C’est une famille normale, une famille comme les autres. Et comme toutes les autres familles de la ville, les Sendell sont horrifiés quand un important homme d’affaires, Christopher Olsen est retrouvé assassiné. Ils le sont plus encore quand, quelques jours plus tard la police vient arrêter Stella. Comment pouvait-elle connaître Olsen, et quelles raisons auraient pu la pousser à le tuer ? Il ne peut s’agir que d’une erreur judiciaire.

Dans ce récit en trois parties, chacun des membres de la famille tente à son tour de recomposer un puzzle dont il n’a pas toutes les pièces. C’est d’abord Adam qui s’exprime, puis Stella, et enfin Ulrika. Chaque fois, de nouvelles perspectives se font jour, la version précédente est remise en question, la vérité s’échappe. La seule évidence qui s’impose très vite, c’est qu’il n’existe aucune famille  » normale « .

Plus qu’un thriller, une découverte exceptionnelle.

Avis : 5/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5

En allant du côté de chez Sonatine, on peut presque toujours s’attendre à quelque chose de qualité ! Ne connaissant rien de M. T. Edvardsson, son 4ème de couverture m’a comme qui dirait tapé à l’oeil. Cette dernière lecture de l’année en valait-elle le détour ?

La qualité des personnages est léchée à l’envi ! Pour commencer, la famille Sendell qui, banale au premier regard, part dans tous les sens. Chacun a sa partie, son point de vue, son histoire et le tout est fichtrement bien dépeint. On ne peut que deviner le travail minutieux réalisé par l’auteur. Chris Olsen, un homme d’affaires complexe, son ex-amie Linda folle ou pas, la meilleure amie de Stella quoique, voilà autour de quoi gravitent les Sendell. Un meurtre et toutes les cartes sont redistribuées, et les masques tombent peu à peu quand d’autres s’érigent.

Hormis les décors typiquement scandinaves, M. T. Edvardsson nous offre un petit tour en maison d’arrêt en emboutissant au passage le système judiciaire.

Le style littéraire est spécial, pourrait rebuter plus d’une personne, mais c’est si rondement mené qu’on ne peut qu’y adhérer. Le roman se divise en trois parties. Chacune est rédigée par un « je » différent. Le père, la fille et enfin la mère. L’ordre a son importance pour mieux nous éclairer ! Si l’on prend les parties bien séparément, on s’aperçoit que trois auteurs auraient pu prêter leur plume. Rien ne se ressemble, les voix sont totalement différentes. Là, c’est un sacré coup ! Le fil rouge avance avec des flashbacks obligatoires, sans quoi tout se passerait au tribunal. Les infos et les intoxs sont lâchées au compte-goutte, on n’est sevré qu’à l’ultime page. Amitié, amour, famille, sens du devoir, de l’honneur, et bien d’autre thèmes vous attendent.

Hé bien des émotions, Une famille presque normale n’en manque vraiment pas ! Un page-turner de cette qualité, j’en prends chaque semaine, oui Monsieur, dessert en prime !

Ne vous arrêtez donc pas au titre, ni à l’auteur. Observez la maison d’édition, lancez un coup d’oeil au synopsis et laissez-vous donc emporter par ce petit bijou !