Octobre, S. Sveistrup

Octobre, de Soren Sveistrup (DK), Albin Michel, 2019

Synopsis :

Début octobre. La police fait une découverte macabre dans une banlieue de Copenhague. Une jeune femme a été tuée et abandonnée sur un terrain de jeu. On l’a amputée d’une main et au-dessus de sa tête pend un petit bonhomme en marrons.

On confie l’affaire à la jeune inspectrice Naia Thulin, à qui on donne comme coéquipier un inspecteur en burn out, Mark Hess. Ils ne tardent pas à découvrir que le bonhomme en marrons est porteur de mystérieuses empreintes, celle de la fille de Rosa Hartung, ministre des Affaires Sociales, enlevée un an plus tôt et présumée morte. Mais un suspect a déjà avoué avoir assassiné la fillette et le dossier semble clos.

Quelques jours plus tard, on découvre une deuxième femme assassinée et au-dessus de sa tête, un autre bonhomme en marrons sur lequel se trouvent à nouveau les empreintes de Kristine Hartung. Thulin et Hess cherchent un lien entre l’affaire de la disparition de la fille de la ministre, les femmes mortes et l’assassin qui sème la terreur dans tout le pays, et s’engagent dans une course contre la montre. Car ils en sont convaincus : le meurtrier est en mission et il n’en a pas encore terminé….

Avis : 5/5

Personnages : 5/5
Décors : 5/5
Trame : 5/5
Emotion : 5/5
Globale : 5/5

N’ayant pas vu ni lu « The Killing » qui a reçu bien des louanges, c’est avec une grande curiosité que j’ai tenté de découvrir Soren Sveistrup avec ce pavé de plus de 500 pages : Octobre. Si le synopsis est très alléchant, sachez que ce n’est rien comparé à ce qui se trouve dans ce roman effréné ! Si vous aimez le style d’écriture de Jussi Adler Olsen, attaquez ce roman sans hésiter tant les similitudes sont fortes.

Comme (trop) souvent, un duo d’enquêteurs homme/femme occupe le devant de la scène. (L’auteur n’a donc pas dérogé à cette règle devenue impérative dans la société actuelle.) Thulin est la flic bosseuse qui veut à tout prix réussir sa mission pour grimper les échelons. Et comme camarade, on lui a collé un tire-au-flanc, Hess, exfiltré d’Europol et véritable boulet qui se fiche de tout ! S’il paraît à côté de ses chaussures au début, il prend vite goût à ce cas d’hommes en marrons et se faufile peu à peu dans cette course contre la montre, bousculant au passage son supérieur et une ministre. Cette ministre, justement, se retrouve vite prise dans l’engrenage et on sent son déspespoir rebondir page après page. Il y a encore bien d’autres acteurs intéressants, mais comme l’un d’eux est le meurtrier…

Tout se déroule au Danemark, en octobre, et Sveistrup a dépeint un décor bien scandinave. De la neige, de la pluie, du froid, des feuilles mortes recouvrant des marrons, etc. Les scènes sont bien décrites, que cela soit les lieux des crimes, les maisons ou les endroits moins glamours. Sans ces détails, le roman perdrait en qualité.

L’enquête commence sans tarder par un crime, qui suit un autre, etc. Chaque fois, le tueur amplifie son fait et pose un fichu bonhomme en marrons. Le lien entre cette signature et le prologue est quasiment impossible à dénicher (je ne l’avais pas vu venir…) De multiples pistes sont montées et démontées, les flics n’ont pas cette science infuse barbante, les rebondissements bousculent les chapitres. Tout va vite, mais pas assez et on fait défiler les pages, tentant de débusquer le Malin. Un vrai plaisir de démêler cette toile d’araignée diabolique.

Bien que les crimes soient violents, on est loin ici d’une autopsie chattamesque. On peut plaindre les victimes, quoique, après coup… Ce roman, via son intrigue parfaite, crée une certaine tension, une énorme curiosité et parfois une volonté de coller une gifle à un personnage.

Octobre représente sans hésitation un coup de coeur ! J’ai particulièrement apprécié le scénario et ses indices qui partent dans tous les sens, et bien sûr les personnages. Un thriller captivant, à mettre dans toutes les mains !