Auprès de moi toujours, K. Ishiguro

Auprès de moi toujours, de Kazuo Ishiguro (UK-JP), Editions Gallimard, 2008

Synopsis :
Kath, Ruth et Tommy ont été élèves à Hailsham dans les années quatre-vingt-dix ; une école idyllique, nichée dans la campagne anglaise, où les enfants étaient protégés du monde extérieur et élevés dans l’idée qu’ils étaient des êtres à part, que leur bien-être personnel était essentiel, non seulement pour eux-mêmes, mais pour la société dans laquelle ils entreraient un jour. Mais pour quelles raisons les avait-on réunis là ? Bien des années plus tard, Kath s’autorise enfin à céder aux appels de la mémoire et tente de trouver un sens à leur passé commun. Avec Ruth et Tommy, elle prend peu à peu conscience que leur enfance apparemment heureuse n’a cessé de les hanter, au point de frelater leurs vies d’adultes. Kazuo Ishiguro traite de sujets qui nous touchent de près aujourd’hui : la perte de l’innocence, l’importance de la mémoire, ce qu’une personne est prête à donner, la valeur qu’elle accorde à autrui, la marque qu’elle pourra laisser. Ce roman vertigineux, porté par la grâce, raconte une histoire d’humanité, de conscience et d’amour dans l’Angleterre contemporaine. Ce chef-d’œuvre d’anticipation est appelé à devenir le classique de nos vies fragiles.

Avis : 4/5
Dans un futur proche (qui, osons-le l’espérer, ne se passera pas ainsi), Kathy H. nous raconte sa vie, son enfance là-bas, dans le pensionnat de Hailsham au Royaume-Uni.
Les élèves sont éduqués, contrôlés dans leur nourriture, ils timbrent pour contrôler leur santé. Ce qu’on va leur apprendre est à la fois terrible et inhumain, mais c’est pour le bien de Dame Science. Ils vont grandir, s’emanciper, pouvoir commencer une vie active à l’âge adulte. Tout ira bien, jamais ils ne se rebelleront contre le système les écrasant. Au final, ils agiront comme on les a formés à le faire : ils subiront des ablations d’organe pour faire leurs fichus « dons ». C’est à quoi ils servent : nourrir le corps des autres pour voir leur espérance de vie dépasser les cent ans. Au bout de X dons, ils mourront, dans le silence. 
Telle est leur destinée.
Un roman tragique où l’on aimerait pénétrer ces pages pour secouer les personnages, leur dire que leur vie est fausse, leur dire… Tant de choses.
Une dystopie magistrale de Kashuo Ishiguro qui s’est transformé en film éponyme Never let me go.